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6. Le saumon en France
6.1. Etat des stocks sauvages de saumon atlantique
*
En France, le saumon est un sujet de passion depuis le milieu du XIXème siècle
(Thibault 1986). Au cours de ces quinze dernières années, il est devenu un symbole de
la qualité de l'eau et, de manière plus générale, de l'environnement. Dans ce contexte
passionnel, Thibault (1980) relève "le peu de souci pour une vérification des chiffres
avancés et une certaine prédilection pour le court terme". Il paraît acquis que les
descriptions d'abondance passée dans les rivières françaises sont sensiblement
exagérées. L'analyse des documents historiques permet de corriger certaines idées
reçues et avancées parfois avec complaisance.
Il n'en reste pas moins vrai que le saumon a disparu de la quasi-totalité des
grands fleuves français (Garonne, Meuse, Rhin, Moselle, Seine, Loire, Dordogne, ...)
par suite, essentiellement, de l'édification de barrages et de la dégradation de
l'environnement fluvial. L'espèce ne se reproduit plus que dans quelques rivières de
Normandie, 21 rivières du Massif Armoricain, l'Allier, le gave d'Oloron, la Nive et la
Nivelle. Cette ressource, aujourd'hui mineure (captures déclarées : 25 tonnes en 1986),
est exploitée, par des pêcheurs plaisanciers à la ligne en rivière et, commercialement, au
filet en estuaire et en mer où elle apparaît comme prise accessoire. Des populations non
négligeables de truite de mer existent dans plusieurs rivières de Normandie. Elles y sont
l'objet de plans d'aménagement, et supportent et alimentent une pêcherie littorale
produisant 5 à 10 tonnes de truites de la baie de Seine à Boulogne (Fournel et al. 1988).
En dépit des gros efforts consentis pour aménager les obstacles artificiels, la mise
en oeuvre des plans "Saumon" et "Grands Migrateurs" (Tane et Léthier 1988) n'a pas
encore réussi, sauf cas particuliers (Elorn ou Nivelle), à renverser la tendance à la
diminution des stocks. Au fil des ans, la réglementation a toujours porté vers une
restriction des périodes de pêche, en rivière comme en estuaire. La réglementation est
mal adaptée aux besoins réels : "signalons d'ailleurs un effet pervers de la
réglementation ; les pêches en mer, notamment sur l'aire d'engraissement du
Groenland, sont accusées de surexploiter le saumon français. Or, les saumons qui y sont
péchés appartiennent à la catégorie de plusieurs hivers de mer, et les mesures prises
pour protéger l'espèce ont consisté à concentrer l'exploitation sur ces poissons...'
(Thibault 1986).
Les connaissances qualitatives sur les stocks de saumon français se sont
sensiblement améliorées au cours des quinze dernières années (Prouzet 1977,
294
6. Le saumon en France
6.1. Etat des stocks sauvages de saumon atlantique
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En France, le saumon est un sujet de passion depuis le milieu du XIXème siècle
(Thibault 1986). Au cours de ces quinze dernières années, il est devenu un symbole de
la qualité de l'eau et, de manière plus générale, de l'environnement. Dans ce contexte
passionnel, Thibault (1980) relève "le peu de souci pour une vérification des chiffres
avancés et une certaine prédilection pour le court terme". Il paraît acquis que les
descriptions d'abondance passée dans les rivières françaises sont sensiblement
exagérées. L'analyse des documents historiques permet de corriger certaines idées
reçues et avancées parfois avec complaisance.
Il n'en reste pas moins vrai que le saumon a disparu de la quasi-totalité des
grands fleuves français (Garonne, Meuse, Rhin, Moselle, Seine, Loire, Dordogne, ...)
par suite, essentiellement, de l'édification de barrages et de la dégradation de
l'environnement fluvial. L'espèce ne se reproduit plus que dans quelques rivières de
Normandie, 21 rivières du Massif Armoricain, l'Allier, le gave d'Oloron, la Nive et la
Nivelle. Cette ressource, aujourd'hui mineure (captures déclarées : 25 tonnes en 1986),
est exploitée, par des pêcheurs plaisanciers à la ligne en rivière et, commercialement, au
filet en estuaire et en mer où elle apparaît comme prise accessoire. Des populations non
négligeables de truite de mer existent dans plusieurs rivières de Normandie. Elles y sont
l'objet de plans d'aménagement, et supportent et alimentent une pêcherie littorale
produisant 5 à 10 tonnes de truites de la baie de Seine à Boulogne (Fournel et al. 1988).
En dépit des gros efforts consentis pour aménager les obstacles artificiels, la mise
en oeuvre des plans "Saumon" et "Grands Migrateurs" (Tane et Léthier 1988) n'a pas
encore réussi, sauf cas particuliers (Elorn ou Nivelle), à renverser la tendance à la
diminution des stocks. Au fil des ans, la réglementation a toujours porté vers une
restriction des périodes de pêche, en rivière comme en estuaire. La réglementation est
mal adaptée aux besoins réels : "signalons d'ailleurs un effet pervers de la
réglementation ; les pêches en mer, notamment sur l'aire d'engraissement du
Groenland, sont accusées de surexploiter le saumon français. Or, les saumons qui y sont
péchés appartiennent à la catégorie de plusieurs hivers de mer, et les mesures prises
pour protéger l'espèce ont consisté à concentrer l'exploitation sur ces poissons...'
(Thibault 1986).
Les connaissances qualitatives sur les stocks de saumon français se sont
sensiblement améliorées au cours des quinze dernières années (Prouzet 1977,
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