8 - Repeuplement et pacage marin des salmonidés migrateurs
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La question de la capacité trophique de l'océan, pour des programmes de
surpeuplement massif, est souvent posée (Peterman 1980). C'est le cas notamment pour
la côte américaine du Pacifique, où se succèdent de fortes concentrations saisonnières
de juvéniles des diverses espèces d'Oncorhynchus en route dans leur migration vers le
nord : les cohortes occuperaient successivement, pendant trois mois, une étroite bande
côtière de plus de 1000 milles nautiques. Walters et al. (1978) émettent l'idée que les
différentes populations des rivières de Colombie britannique auraient évolué de façon à
ce que leurs cohortes arrivent dans la bande côtière selon une séquence ajustée au cycle
de la production secondaire.
Passant en revue les causes environnementales de fluctuations de la survie
océanique des post-smolts de "coho" de la côte de l'Orégon, Mattews (1984) conclut à
une influence de l'"upwelling" sur les captures de la pêcherie de l'Orégon. De fortes
baisses du taux de retour des saumons du Pacifique peuvent aussi être induites par des
perturbations océanographiques, telles que celles observées à l'occasion du phénomène
d'"El Nino". Cette observation conforte des observations antérieures (Me Neil, cité par
Thorpe 1986), selon lesquelles la libération de smolts d'élevage dans des eaux plus
chaudes, au large de la côte de l'Orégon, se traduit par une baisse sensible des taux de
recapture.
Certains auteurs considèrent que la productivité secondaire des courants côtiers
du golfe d'Alaska est limitée en toutes saisons, et critique en été, et que l'alimentation
de la biomasse de jeunes saumons dépend en partie de la contribution, au printemps et
en été, de la productivité de la zone océanique adjacente (Cooney 1984). Constatant
que la biomasse de zooplancton n'a pas directement affecté le niveau du recrutement du
saumon "pink" (espèce la plus abondante) au cours des années 60, Stephens et al. (1969)
pensent que ce facteur n'est pas directement limitant. Cependant, certaines relations
croissance-densité intervenant pendant les premiers seize mois de la vie marine ont pu
être mises en évidence chez les populations de "sockeye" du golfe d'Alaska (Peterman
1980) et de la baie de Bristol (Rogers 1980), réactualisant le débat sur une possible
limitation saisonnière d'accueil du Pacifique nord, pour les futurs lâchers de juvéniles,
actuellement en augmentation rapide.
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