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J.-P.
Troadec
- le déclin excessif des rendements et, parfois, la baisse de la production totale
d'une majorité de stocks d'importance commerciale ;
- l'effondrement imprévu, et mal compris, de stocks supportant des pêcheries
majeures ;
- le mauvais état général des pêcheries, mesurable au niveau sectoriel par la
dissipation de rentes économiques importantes et, à celui des entreprises, par la montée
ou le montant des aides publiques ;
- la pauvreté courante, dans certains pays en développement, de communautés de
pêcheurs artisans qui figurent parmi les groupes socio-professionnels les plus
démunis
( ' ;
- la fréquence et, parfois, la gravité des conflits entre pêcheurs el, encore, entre
nations pour le partage des ressources et des droits d'accès ;
- la mauvaise application générale des réglementations.
Simultanément, dans la conchyliculture et pour des pays comme la France où elle
est très développée, des phénomènes de surcharge, se manifestant par une stagnation
de la production en dépit (ou, mieux, à cause) de l'accroissement du cheptel et une
dégradation des performances économiques des entreprises, apparaissaient (Héral et al.
1988). Ils montrent que le caractère fini de la production biologique marine et l'intérêl
d'une régulation collective des cheptels ne sont pas particuliers à la pêche, mais
constituent un trait commun de l'exploitation des ressources naturelles renouvelables. A
la même époque des épizooties graves venaient décimer les cheptels de l'ostréiculture.
Depuis une décennie, sous l'effet d'une croissance un peu plus rapide, la
production des pays en développement a légèrement dépassé celle des pays développés.
Malgré ces progrès, les performances des programmes de promotion de la pêche dans
les pays du Tiers Monde se révèlent globalement peu satisfaisantes. Comparativement à
l'agriculture, les projets d'appui connaissent plus de déconvenues. Une réunion
organisée par la Banque Mondiale, à laquelle participaient la plupart des agences d'aide
multi- et bi-lalérales, concluait, en 1986, que les prêts accordés de 1964 à 1981 dans le
secteur des pêches avaient produit des taux de rendement interne régulièrement
inférieurs aux prévisions (World Bank 1986).
(1) "Les pêcheurs ne sont pas riches bien que les ressources halieutiques de la mer figurent parmi les plus
fertiles et les plus indestructibles que l'humanité ait à sa disposition" (Gordon 1954).
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