S - Repeuplement et pacage marin des salmonidés migrateurs
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prolongation de la durée d'élevage permet d'améliorer le taux de retour en relation avec
la taille des juvéniles (Sugano and Sasaki 1983, cités par Hénocque 1984).
Chez les espèces n'atteignant la smoltification qu'après plusieurs années, un
raccourcissement de la phase eau douce peut être obtenu avec des conditions d'élevage
favorisant la croissance. L'utilisation d'eaux réchauffées permet ainsi aux aquaculteurs
norvégiens de produire des smolts de saumon atlantique en un an, alors que deux ou
trois années sont nécessaires dans le milieu naturel. Chez cette espèce, l'âge du smolt
ne semble pas être un facteur directement déterminant pour la survie du poisson
relâché dans l'environnement marin : Peterson (1973), Chadwick et al. (1978) ou
Isaksson (1982) ont obtenu des taux de retour élevés à partir de smolts jeunes.
Burrows et Combs (1968) pour le saumon "chinook" de printemps, et Novotny
(1975), puis Donaldson et Brannon (1976) pour le "coho", ont décrit des techniques
permettant de produire des smolts de moins d'un an (la smoltification intervient
naturellement à l'âge 1 + ) en élevant artificiellement la température d'alevinage. Des
résultats comparables ont été obtenus, en Europe, à température ambiante, sur la
même espèce (Harache and Novotny 1976, Harache et al. 1980). Isaksson (1985) discute
des possibilités d'obtention de smolts de saumon atlantique en six mois, grâce à
l'utilisation des ressources géothermiques du sous-sol islandais. Dans les conditions
climatiques de la Bretagne, la smoltification peut intervenir dès le premier été avec des
animaux à ponte précoce (Gaignon, résultats préliminaires non publiés), ce qui ouvre
des perspectives intéressantes pour l'élevage de cette espèce dans les pays plus
méridionnaux aux températures favorables.
Ainsi, les pratiques d'élevage qui visent à obtenir un poisson d'une taille donnée
à un moment donné, dans l'optique d'une poursuite de l'élevage en captivité, se
traduisent par un forçage de la croissance. Celle-ci est susceptible d'interférer sur les
mécanismes naturels associés à la smoltification et à la maturation sexuelle. H est
maintenant acquis (Thorpe 1986a) que l'accélération vers la smoltification implique un
risque de maturation sexuelle précoce. C'est ainsi que le lâcher de smolts de "spring
chinook" accélérés dès la première année se traduit par la recapture d'un pourcentage
supérieur de 'jacks"
(1) et d'individus revenant après un seul hiver en mer, ainsi que par
une proportion de mâles très supérieure à la normale et un taux d'errance accru (Banks
and Fowler 1988). Dans les cas extrêmes, une forte croissance pendant la phase juvénile
peut entraîner la maturation sexuelle en eau douce, inhibitrice de la smoltification, les
deux fonctions étant incompatibles (Thorpe 1987). Ce phénomène est constaté en
Irlande (Piggins 1981) et au Canada (Saunders et al. 1982) sur le saumon atlantique
d'élevage, mais aussi sur les populations naturelles quand les conditions permettent une
très forte croissance (Prouzet 1981a et b, Myers 1984, Baglinière et Maisse 1985). A
l'inverse, le lâcher de smolts plus âgés et plus gros semble favoriser le retour de
1 "Jacks" : saunions revenant après un seul etc en mer.
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