24
Y. Harache et P. Prouzet
"grilses"
(1) (Piggins in Anon. 1973, Ritter 1975, Isaksson 1982). Ceux-ci ont un taux de
survie en mer plus élevé que les saumons qui y séjournent deux ou trois hivers.
5.4. Date et méthode de lâcher
Les taux de survie en mer et de retour en rivière, ainsi que les caractéristiques
des adultes, dépendent largement de la date et des méthodes de libération des smolts.
La date de lâcher est déterminée par la smoltification et, selon Larsson (1977), le
meilleur moment de lâcher se situerait, en Suède, entre la mi-mai et le début du mois
de juin. En Islande, Isaksson et Bergman (1979) associent cette même fenêtre au pic
d'avalaison des smolts dans les conditions naturelles. Les populations des rivières
bretonnes ont une smoltification plus précoce : elle intervient dès la fin du mois d'avril
ou au début du mois de mai (Boeuf et al. 1985). D'importantes différences dans
l'évolution de la Na K ATPase et le cycle des hormones thyroïdiennes ont été mises
en évidence entre des populations de rivières côtières courtes (Bretagne) et celles de
l'Allier, rivière longue où l'acquisition du comportement migratoire précède
l'acquisition de la tolérance à la salinité (Boeufs al. 1989, fig. 8.6).
D'excellentes synthèses des connaissances sur les effets de la date et de la taille
de lâcher des smolts de saumon "coho" à partir des écloseries de Colombie britannique,
sur les taux de retour, ainsi que sur l'âge et la taille de maturation ont été publiées
(Bilton et al. 1982). Des différences considérables apparaissent entre les divers lots
expérimentaux libérés d'avril à juillet : leurs taux de capture globaux vont de 7,3 à
36,8 %. Ces résultats suggèrent que la taille des animaux et leur état de smoltification
sont des facteurs nécessaires, mais non suffisants, pour optimiser la survie en mer, et
que les conditions trophiques rencontrées lors du contact avec le milieu marin sont
probablement déterminantes. Les caractéristiques des adultes, notamment la
proportion d'animaux subissant une maturation sexuelle précoce, sont également
variables selon la taille et la date de libération, l'optimum économique de l'opération ne
correspondant pas forcément au taux de retour maximal (fig. 8.7).
La conservation des animaux en captivité jusqu'à la fin de la période normale de
smoltification permet d'obtenir des performances intéressantes, notamment pour les
smolts tardifs qui n'auraient atteint qu'une taille faible au moment du pic de migration
de leurs congénères. A la suite des fuites de saumons à partir de cages d'élevage
(Novotny 1975), le même auteur (1980) a montré qu'un lâcher différé réduisait
l'amplitude de migration et les taux de retour chez le saumon "coho". Ce retard est
(I) "Grilses" : saumons séjournant seulement un hiver en mer.
284
Précédent

- 283/821

Suivant