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Y. Harache et P. Prouzel
Comme le choix du meilleur mode de production, le test de la réussite d'une
opération de pacage se fera sur des critères économiques : la valeur des adultes
recapturés devra dépasser le coût de production des juvéniles. On recherchera donc à
exploiter au maximum les adultes retournant au site de lâcher, en ne préservant que le
nombre nécessaire aux opérations de reproduction en écloserie. La richesse ainsi créée
sera déterminée par : 1) le prix de revient moyen du smolt libéré ; 2) le taux de survie
des juvéniles en mer, lequel, avec le taux d'exploitation, détermine le taux de recapture ;
3) le coût des moyens mis en oeuvre pour capturer les adultes, en mer, en rivière ou sur
le site de lâcher ; 4) la valeur directe des captures ou de leur usage par la pêche
récréative.
2. Cycle biologique des saumons
Les huit espèces de saumon présentes dans l'hémisphère nord se distinguent par
leurs caractéristiques écologiques et économiques (ann. 8.1) ; les populations
géographiques d'une même espèce diffèrent également. Cependant, un certain nombre
de traits communs au groupe se retrouve chez toutes les espèces.
2.1. Caractéristiques écologiques et comportementales communes
Le cycle de vie des salmonidés migrateurs comprend une phase en eau douce et
une phase en mer, d'où leur appellation d'amphihalins. Ce sont, en outre, des
migrateurs anadromes : les adultes remontent les rivières pour se reproduire ; après
une phase en eau douce, les jeunes regagnent la mer où ils croissent rapidement. Ces
deux périodes sont séparées par un phénomène particulier, propre aux salmonidés
migrateurs, la smoltification. Celle-ci peut être considérée comme une "métamorphose";
elle s'accompagne, en effet, de profondes modifications physiologiques et
comportementales, qui transforment le juvénile d'eau douce, appelé "parr", en un
poisson apte à vivre dans le milieu marin, le "smolt" (Boeuf 1987). Au préalable, le
jeune saumon, ou tacon, subit, alors qu'il est encore en eau douce, des modifications des
mécanismes qui régulent son équilibre hydrominéral (Lasserre et al. 1978) et lui
permettent de vivre en milieu hypertonique. Son comportement change : de territorial
et benthique, le jeune saumon devient pélagique et se regroupe en bancs ; il acquiert
aussi, transitoirement, un fort comportement migratoire qui fait intervenir divers
mécanismes d'orientation dans le milieu marin (Thorpe 1988).
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