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M. Héral, C. Bâcher et J.M. Deslous-Paoli
En fonction de leurs besoins énergétiques spécifiques, la production maximale
pourra être atteinte pour des biomasses différentes selon les espèces cultivées. Ainsi, à
biomasse égale, l'huître japonaise assimile 1,7 fois plus que l'huître portugaise (Héral et
al. 1986a). Si l'on veut comparer l'effet de ces deux espèces sur le même écosystème, il
faut alors tenir compte de cette différence.
Parallèlement, lorsque dans un écosystème exploité on souhaite diversifier la
production, l'utilisation de la productivité du bassin par les différentes espèces de
mollusques doit être étudiée ; cela implique la connaissance de leurs demandes
énergétiques respectives. Ceci permet de raisonner non plus seulement en termes de
performance zootechnique d'une filière, mais également d'optimisation de la
consommation plurispécifique de la production trophique naturelle d'un bassin
conchylicole.
5. Modèle analytique
La modélisation des relations cheptel/écosystème cultivé vise, à partir de lois
déterministes simples, éventuellement semi-empiriques dans un premier temps, à
décrire, puis à prédire l'évolution des caractéristiques majeures d'un bassin
conchylicole. La construction de modèles trophiques de ce type requiert initialement un
approfondissement des connaissances sur les transferts de matière organique, exprimés
en flux d'énergie ou en flux de carbone, d'azote ou de phosphore à travers les différents
compartiments du système. Dans un deuxième temps, l'évaluation statistique permet de
hiérarchiser les principales variables et les compartiments qui contrôlent l'écosystème.
Les fonctions qui lient ces variables devront être déterminées. Ces variables seront
forçantes si l'on ne maîtrise pas les lois qui les déterminent, et d'état dès qu'une loi, si
possible autre que statistique, permet d'en calculer l'évolution. La validité du modèle
dépendra de la sensibilité et de qualité des lois représentées, ainsi que de la précision
des observations des variables forçantes.
Pour pouvoir coupler les différentes équations représentant les compartiments
physiques, pélagiques et benthiques, les échelles de temps utilisées devront être
compatibles. La périodicité de l'échantillonnage des variables forçantes sera choisie en
fonction des échelles retenues.
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