7 - La capacité biotique des bassins ostréicoles
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La comparaison des conditions climatiques et de l'évolution de la production et
de la biomasse d'huîtres pour la série historique d'observation met en évidence un effet
de la salinité et de la température (Héral et al. 1986b). Ainsi, de 1885 à 1924, période
pendant laquelle l'exploitation de l'huître portugaise est passée progressivement de la
pêche sur des gisements naturels à la culture extensive, le succès du recrutement a varié
avec la pluviométrie. Cette observation est en accord avec les résultats antérieurs de Le
Dantec (1968) : ce dernier avait mis en évidence que la durée de la gamétogenèse, si
elle est fonction de la température, est aussi influencée par la salinité ; une salinité de
28 %o paraît optimale pour la survie des larves d'huître portugaise. Après 1925, date du
début du captage sur collecteurs et des ensemencements annuels, la relation entre la
pluviométrie et le succès du captage disparaît progressivement, aussi bien pour l'huître
portugaise que, plus tard, pour l'huître japonaise.
Sur les cheptels en grossissement, la température, en particulier celle du
printemps, semble favorable à la production annuelle. Cette observation rejoint celles
de nombreux auteurs sur la simultanéité entre la phase de croissance des mollusques et
l'augmentation de la température : la croissance de la chair serait principalement due
aux conditions nutritives, alors que la température agit directement sur la croissance de
la coquille, comme Héral et al. (1984) l'ont mis en évidence pour le bassin de
Marennes-Oléron.
Ainsi, l'abondance des stocks sauvages de mollusques paraît dépendre assez
étroitement des facteurs climatiques (Dow 1983), la variabilité du recrutement étant
due principalement à la température (chapitre 9), et ceci plus particulièrement pour les
stocks à la limite de l'aire de répartition de l'espèce. Par contre, pour le cheptel d'huître
cultivé dans le bassin de Marennes-Oléron, le captage ne paraît pas affecté de façon
significative par la variabilité climatique interannuelle. Ceci était encore plus vrai pour
l'huître portugaise. Le changement observé dans le succès du captage résulterait de
l'effet d'un ou de plusieurs des facteurs suivants :
- comme le suggère l'accroissement de la production de naissain observée depuis
le démarrage du captage en 1925, l'augmentation du stock de reproducteurs, celui du
nombre de collecteurs et l'amélioration des techniques de captage (substrat,
détermination de la période de pose des collecteurs) réduiraient la fréquence des chutes
occasionnelles et la variabilité du recrutement ;
- les possibilités de captage dépassent finalement les besoins de l'élevage ; cette
activité est alors contrôlée par des critères économiques, et non plus par des
phénomènes climatiques et des processus biologiques, comme chez les populations
sauvages.
En outre, la production ostréicole est maintenant peu affectée par un déficit
occasionnel du recrutement car :
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La comparaison des conditions climatiques et de l'évolution de la production et
de la biomasse d'huîtres pour la série historique d'observation met en évidence un effet
de la salinité et de la température (Héral et al. 1986b). Ainsi, de 1885 à 1924, période
pendant laquelle l'exploitation de l'huître portugaise est passée progressivement de la
pêche sur des gisements naturels à la culture extensive, le succès du recrutement a varié
avec la pluviométrie. Cette observation est en accord avec les résultats antérieurs de Le
Dantec (1968) : ce dernier avait mis en évidence que la durée de la gamétogenèse, si
elle est fonction de la température, est aussi influencée par la salinité ; une salinité de
28 %o paraît optimale pour la survie des larves d'huître portugaise. Après 1925, date du
début du captage sur collecteurs et des ensemencements annuels, la relation entre la
pluviométrie et le succès du captage disparaît progressivement, aussi bien pour l'huître
portugaise que, plus tard, pour l'huître japonaise.
Sur les cheptels en grossissement, la température, en particulier celle du
printemps, semble favorable à la production annuelle. Cette observation rejoint celles
de nombreux auteurs sur la simultanéité entre la phase de croissance des mollusques et
l'augmentation de la température : la croissance de la chair serait principalement due
aux conditions nutritives, alors que la température agit directement sur la croissance de
la coquille, comme Héral et al. (1984) l'ont mis en évidence pour le bassin de
Marennes-Oléron.
Ainsi, l'abondance des stocks sauvages de mollusques paraît dépendre assez
étroitement des facteurs climatiques (Dow 1983), la variabilité du recrutement étant
due principalement à la température (chapitre 9), et ceci plus particulièrement pour les
stocks à la limite de l'aire de répartition de l'espèce. Par contre, pour le cheptel d'huître
cultivé dans le bassin de Marennes-Oléron, le captage ne paraît pas affecté de façon
significative par la variabilité climatique interannuelle. Ceci était encore plus vrai pour
l'huître portugaise. Le changement observé dans le succès du captage résulterait de
l'effet d'un ou de plusieurs des facteurs suivants :
- comme le suggère l'accroissement de la production de naissain observée depuis
le démarrage du captage en 1925, l'augmentation du stock de reproducteurs, celui du
nombre de collecteurs et l'amélioration des techniques de captage (substrat,
détermination de la période de pose des collecteurs) réduiraient la fréquence des chutes
occasionnelles et la variabilité du recrutement ;
- les possibilités de captage dépassent finalement les besoins de l'élevage ; cette
activité est alors contrôlée par des critères économiques, et non plus par des
phénomènes climatiques et des processus biologiques, comme chez les populations
sauvages.
En outre, la production ostréicole est maintenant peu affectée par un déficit
occasionnel du recrutement car :
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