7 - La capacité biotique des bassins ostréicoles
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Les élevages ont pris naissance dans des sites privilégiés. C'est dans des bassins
relativement fermés, protégés des tempêtes, que s'est principalement développée
l'ostréiculture. Ces sites sont caractérisés par des taux modérés de renouvellement de
l'eau, avec des temps de résidence élevés qui en réduisent les potentialités
nutritionnelles. La colonisation des milieux ouverts (parcs en eau profonde, élevage en
Filière) est plus récente, et reste marginale pour l'huître creuse (Crassostrea angiilata et
C.gigas).
Toutefois, cette activité n'est pas exempte de contraintes. Après une période très
florissante de 1930 à 1950, les performances économiques des entreprises se sont
dégradées dans plusieurs bassins et des crises brutales se sont manifestées. Les
épizooties n'étaient pas nouvelles, mais celles qui décimèrent les cheptels d'huître
portugaise (C. angiilata) à la fin des années 60, et d'huître plate (Ostrea edulis) à la fin
des années 70, eurent des conséquences économiques catastrophiques (chapitre 11).
Par ailleurs, la crise de l'ostréiculture qui a frappé le bassin d'Arcachon (19771981) a entraîné la disparition de la moitié des exploitations. Les recherches ont
démontré que la crise avait pour cause l'emploi de peintures anti-salissures pour la
protection des carènes de bateaux (chapitre 12). Les sels organostanniques qu'elles
contiennent provoquèrent des mortalités massives des larves et/ou de leur nourriture
planctonique, entraînant l'effondrement du captage, et de fortes perturbations dans la
croissance des coquillages adultes (fig. 12.1, Alzieu et Héral 1984, His et Robert 1986).
A côté de ces phénomènes, l'hypothèse d'une surcharge des bassins par rapport à
leur capacité trophique, susceptible d'entraîner une baisse des performances
économiques dans les entreprises et les bassins, était avancée depuis plusieurs années
déjà. Parallèlement, on ne pouvait exclure que le climat n'affecte pas également la
production, par un effet sur la réussite du captage.
Ainsi, ce qui était au départ un atout porte en soi ses propres limitations.
L'évolution de la production ostréicole nationale au cours du siècle écoulé (fig. 7.1)
illustre bien le jeu de ces différents facteurs : elle se caractérise par une succession de
cycles d'expansion rapide, de stagnation, puis de déclin, voire d'effondrement des
cheptels. Ces chutes de production sont dues à des mortalités massives causées par des
épizooties. Le fait que celles-ci apparaissent après les pics de production pourrait
signifier, c'est une hypothèse, qu'existe une relation entre certaines épizooties et la
biomasse des cheptels en élevage : elles se propageraient plus facilement sur des
cheptels affaiblis par une surcharge des bassins conchylicoles.
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