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R. Lasker
répondre dans un milieu hautement dispersif est celui du retour aux frayères d'origine
d'un nombre suffisant de membres de la population. Pour cela, les populations sont
associées, par des comportements spécifiques des larves leur permettant d'utiliser la
dynamique de la couche superficielle, à des structures et à des processus
hydrodynamiques particuliers (chapitres 5 et 9). Cette dépendance permet à un nombre
suffisant d'individus d'une population de boucler le cycle de reproduction et, ce faisant,
d'en rester membres. Même s'ils survivent, les autres ne contribueraient pas à la
reproduction de la population. Le nombre et la taille des populations d'une même
espèce seraient directement déterminés par le nombre et le volume des structures
hydrodynamiques auxquelles elles sont inféodées, et qui leur permettent de boucler leur
cycle biologique et d'assurer leur reproduction. Les fluctuations dans ces couplages
physique-biologie détermineraient la variabilité du recrutement.
Cette théorie confère aux populations - par opposition aux espèces - ainsi qu'à la
reproduction sexuée, et aux phénomènes spatiaux - par opposition aux phénomènes
énergétiques - un rôle privilégié dans l'organisation de la vie marine et le succès des
populations. Dans le milieu hautement dispersif qu'est la mer, la principale question
pour un organisme ne serait pas de manger sans l'être, mais de revenir se reproduire
sur sa frayère d'origine pour contribuer à la perpétuation de la population.
2.8. La relation stock-recrutement et l'hypothèse de "densité-dépendance" : l'effet
d'une intensification de la pêche sur le recrutement
Les biologistes des pêches ont vu le problème du "recrutement" comme une
réponse à la question : "combien de poissons, et plus particulièrement de reproducteurs,
peut-on retirer d'un stock sans risquer de voir la productivité de ce dernier réduite les
années suivantes ?". Cette question implique que la taille d'un stock reproducteur soit
déterminante pour le recrutement et qu'il suffirait, pour une bonne gestion, de
maintenir la population exploitée entre certaines limites pour la conserver en bon état.
Ricker (1954) a proposé une relation stock-recrutement, basée sur la prédation, pour
représenter le recrutement des stocks de saumon. Une relation de ce genre pourrait
convenir, comme Cushing l'a proposé (1973), pour certains stocks, tels le stock Buchan
de hareng de la mer du Nord (Clupea harengus), de morue de l'Arctique (Boreogadus
saida) ou de plie {Pleuronectes platessa), pour n'en citer que quelques uns. Pourtant,
aucune relation nette n'a pu être mise en évidence pour de nombreux autres stocks,
notamment le maquereau du Pacifique (Scomber japonicus) (McCall et al. 1985). Les
figures 6.8 et 6.9 donnent deux exemples différents de relation stock-recrutement.
Néanmoins, de nombreuses évidences indiquent qu'il doit exister, chez toutes les
populations, un seuil en-dessous duquel le potentiel reproducteur est réduit à un niveau
tel qu'il faut parfois plusieurs années avant que le stock puisse se reconstituer. Par
exemple, au large de la Californie, la biomasse de sardine (Sardinops sagax) est tombée,
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R. Lasker
répondre dans un milieu hautement dispersif est celui du retour aux frayères d'origine
d'un nombre suffisant de membres de la population. Pour cela, les populations sont
associées, par des comportements spécifiques des larves leur permettant d'utiliser la
dynamique de la couche superficielle, à des structures et à des processus
hydrodynamiques particuliers (chapitres 5 et 9). Cette dépendance permet à un nombre
suffisant d'individus d'une population de boucler le cycle de reproduction et, ce faisant,
d'en rester membres. Même s'ils survivent, les autres ne contribueraient pas à la
reproduction de la population. Le nombre et la taille des populations d'une même
espèce seraient directement déterminés par le nombre et le volume des structures
hydrodynamiques auxquelles elles sont inféodées, et qui leur permettent de boucler leur
cycle biologique et d'assurer leur reproduction. Les fluctuations dans ces couplages
physique-biologie détermineraient la variabilité du recrutement.
Cette théorie confère aux populations - par opposition aux espèces - ainsi qu'à la
reproduction sexuée, et aux phénomènes spatiaux - par opposition aux phénomènes
énergétiques - un rôle privilégié dans l'organisation de la vie marine et le succès des
populations. Dans le milieu hautement dispersif qu'est la mer, la principale question
pour un organisme ne serait pas de manger sans l'être, mais de revenir se reproduire
sur sa frayère d'origine pour contribuer à la perpétuation de la population.
2.8. La relation stock-recrutement et l'hypothèse de "densité-dépendance" : l'effet
d'une intensification de la pêche sur le recrutement
Les biologistes des pêches ont vu le problème du "recrutement" comme une
réponse à la question : "combien de poissons, et plus particulièrement de reproducteurs,
peut-on retirer d'un stock sans risquer de voir la productivité de ce dernier réduite les
années suivantes ?". Cette question implique que la taille d'un stock reproducteur soit
déterminante pour le recrutement et qu'il suffirait, pour une bonne gestion, de
maintenir la population exploitée entre certaines limites pour la conserver en bon état.
Ricker (1954) a proposé une relation stock-recrutement, basée sur la prédation, pour
représenter le recrutement des stocks de saumon. Une relation de ce genre pourrait
convenir, comme Cushing l'a proposé (1973), pour certains stocks, tels le stock Buchan
de hareng de la mer du Nord (Clupea harengus), de morue de l'Arctique (Boreogadus
saida) ou de plie {Pleuronectes platessa), pour n'en citer que quelques uns. Pourtant,
aucune relation nette n'a pu être mise en évidence pour de nombreux autres stocks,
notamment le maquereau du Pacifique (Scomber japonicus) (McCall et al. 1985). Les
figures 6.8 et 6.9 donnent deux exemples différents de relation stock-recrutement.
Néanmoins, de nombreuses évidences indiquent qu'il doit exister, chez toutes les
populations, un seuil en-dessous duquel le potentiel reproducteur est réduit à un niveau
tel qu'il faut parfois plusieurs années avant que le stock puisse se reconstituer. Par
exemple, au large de la Californie, la biomasse de sardine (Sardinops sagax) est tombée,
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