2.6. L'hypothèse de rétention d'Iles et Sinclair
Le fait qu'une population se reproduise au même endroit et à la même époque,
et que ceux-ci soient propices à sa bonne survie, peut être interprêté comme le résultat
d'une sélection au cours de l'évolution. L'hypothèse d'Iles et Sainclair repose sur l'idée
que les aires de ponte des différentes populations de hareng de l'Atlantique nord
coïncideraient avec des structures où la circulation de l'eau retiendrait suffisamment de
larves près des zones de ponte, là où elles ont de bonnes chances de trouver une
nourriture adéquate et une prédation faible. En ce qui concerne le recrutement, les
auteurs suggèrent que la taille d'une population inféodée à une zone de rétention
larvaire serait en rapport direct avec l'aire de cette zone. "Les petits stocks sont associés
aux structures hydrologiques peu importantes, comme le secteur de l'île Verte dans le
golfe du Saint-Laurent, ... et les grands stocks, aux structures étendues, comme la zone
turbulente du banc Georges...." (Iles and Sinclair, 1982).
Cushing (1986) a contesté cette hypothèse de rétention, mettant en avant des
évidences contraires. Il affirme que "compte tenu du fait que les oeufs de hareng
éclosent souvent en dehors de l'époque de stratification et que la période de dérive
larvaire est longue, l'hypothèse d'Iles et Sinclair ne peut pas s'appliquer aux eaux qui
entourent les Iles Britanniques."
En réponse à la critique de Cushing, Sinclair (1988) oppose qu'Iles et Sinclair
(1982) n'ont jamais avancé que les larves ne s'éloignaient pas de leur zone d'éclosion.
Au contraire, des taux élevés d'éclosion et de survie, conditions du succès d'une
population de hareng, ne sont possibles que là où la circulation de l'eau assure, avec un
comportement adéquat des larves, l'agrégation des larves durant les tout premiers mois
de leur vie larvaire. Ainsi, un système important, tel celui qui est associé au courant
côtier norvégien, constituerait une zone de rétention au sens d'Iles et Sinclair (Sinclair
1988). Cet exemple paraît déborder du cadre de l'hypothèse initiale, qui semblerait
s'appliquer plutôt à des structures plus réduites.
2.7. La théorie des "membres/vagabonds"de Sinclair
Dans une récente mise à jour, fondée sur une analyse approfondie des travaux
sur l'évolution, Sinclair(1988) élargit l'hypothèse de départ d'Iles et Sainclair et sa
portée. Sa nouvelle théorie des "membres/vagabonds" rappelle l'importance des
populations, par rapport aux espèces, et de la reproduction sexuée, dans l'organisation
de la vie marine. Le principal problème auquel les stratégies de reproduction doivent
203
Le fait qu'une population se reproduise au même endroit et à la même époque,
et que ceux-ci soient propices à sa bonne survie, peut être interprêté comme le résultat
d'une sélection au cours de l'évolution. L'hypothèse d'Iles et Sainclair repose sur l'idée
que les aires de ponte des différentes populations de hareng de l'Atlantique nord
coïncideraient avec des structures où la circulation de l'eau retiendrait suffisamment de
larves près des zones de ponte, là où elles ont de bonnes chances de trouver une
nourriture adéquate et une prédation faible. En ce qui concerne le recrutement, les
auteurs suggèrent que la taille d'une population inféodée à une zone de rétention
larvaire serait en rapport direct avec l'aire de cette zone. "Les petits stocks sont associés
aux structures hydrologiques peu importantes, comme le secteur de l'île Verte dans le
golfe du Saint-Laurent, ... et les grands stocks, aux structures étendues, comme la zone
turbulente du banc Georges...." (Iles and Sinclair, 1982).
Cushing (1986) a contesté cette hypothèse de rétention, mettant en avant des
évidences contraires. Il affirme que "compte tenu du fait que les oeufs de hareng
éclosent souvent en dehors de l'époque de stratification et que la période de dérive
larvaire est longue, l'hypothèse d'Iles et Sinclair ne peut pas s'appliquer aux eaux qui
entourent les Iles Britanniques."
En réponse à la critique de Cushing, Sinclair (1988) oppose qu'Iles et Sinclair
(1982) n'ont jamais avancé que les larves ne s'éloignaient pas de leur zone d'éclosion.
Au contraire, des taux élevés d'éclosion et de survie, conditions du succès d'une
population de hareng, ne sont possibles que là où la circulation de l'eau assure, avec un
comportement adéquat des larves, l'agrégation des larves durant les tout premiers mois
de leur vie larvaire. Ainsi, un système important, tel celui qui est associé au courant
côtier norvégien, constituerait une zone de rétention au sens d'Iles et Sinclair (Sinclair
1988). Cet exemple paraît déborder du cadre de l'hypothèse initiale, qui semblerait
s'appliquer plutôt à des structures plus réduites.
2.7. La théorie des "membres/vagabonds"de Sinclair
Dans une récente mise à jour, fondée sur une analyse approfondie des travaux
sur l'évolution, Sinclair(1988) élargit l'hypothèse de départ d'Iles et Sainclair et sa
portée. Sa nouvelle théorie des "membres/vagabonds" rappelle l'importance des
populations, par rapport aux espèces, et de la reproduction sexuée, dans l'organisation
de la vie marine. Le principal problème auquel les stratégies de reproduction doivent
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