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R. Lasker
populations littorales de poissons. En général, les populations évitent, pendant la saison
de ponte, les courants forts portant vers le large. Husby et Nelson (1982) ont montré
que, chez les différentes sous-populations d'anchois de Californie, le pic de ponte
coïnciderait avec les saisons et les secteurs où la stratification est stable, l'énergie
turbulente faible, et Pupwelling à l'origine du transport vers le large, atténué. Cette
hypothèse est confirmée par Bakun et Parrish (1982) et par Parrish et al. (1983), qui ont
comparé l'écosystème de l'upwelling du Pérou à celui de la Californie, en ce qui
concerne leur dynamique et les réponses des populations endémiques, notamment
d'anchois. Ils concluent qu'il existe "une tendance à éviter les secteurs, où l'upwelling est
maximum, et qui sont caractérisés par un mélange important et un transport vers le
large. Les principaux stocks d'anchois se trouvent plutôt dans les secteurs moins
turbulents, en aval des zones à upwelling fort." (Bakun and Parrish 1982).
Fiedler (1986) donne un exemple de la distance à laquelle les oeufs et les larves
peuvent être transportés vers le large. En suivant un courant tourbillonnaire
anticyclonique au large de la Californie, il a trouvé des oeufs d'anchois 150 km plus au
large que pendant les quatre années précédentes durant lesquelles ce tourbillon, localisé
plus au large, avait peu d'effet sur les eaux côtières.
Dans le courant de Benguela (Atlantique sud-est), les oeufs et les larves
d'anchois du Cap (Engraulis capensis) sont transportés par un "jet" frontal de surface,
d'une zone de productivité faible vers une autre, où la productivité est élevée. Lorsque
ce courant s'affaiblit, les larves subissent une très forte mortalité (Shelton and
Hutchings 1982).
Frank et Leggett (1982) ont étudié une espèce à ponte démersale, le capelan
{Mallotiis villosus), dont les oeufs sont pondus et éclosent dans le sable des plages ;
leurs larves deviennent actives lorsque les vents du large remplacent les eaux froides
venues du fond, pauvres en nourriture, mais abondantes en prédateurs, par des eaux de
surface plus chaudes, riches en nourriture et pauvres en prédateurs. Bien que les vents
du large soient peu fréquents et imprévisibles, au niveau de la baie de Conception à
Terre Neuve (Canada) où ils ont étudié le capelan, Frank et Legget ont montré que les
phénomènes d'émergence et de dérive des larves vers le large, comme les conditions
d'alimentation favorables et de faible prédation, sont tous liés au régime des vents.
L'action combinée du mouvement des vagues, qui dégage les larves du sable lorsque les
vents soufflent du nord-ouest, et de l'élévation de la température de l'eau, qui active les
larves, paraît refléter une adaptation qui optimise l'alimentation et minimise la
prédation. Les conditions de transport et de dispersion des larves correspondraient aux
hypothèses de jeûne et de prédation, puisque la mortalité des larves serait causée par
ces facteurs lorsque les larves sont entraînées vers le large hors de leur habitat normal.
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