première alimentation courraient les plus grands risques. Cushing décrit également un
cycle "intermédiaire" qu'il considère comme correspondant aux conditions moyennes :
les larves disposent alors très tôt de nauplii, qui leur assurent suffisamment de
nourriture pour le reste de la période larvaire, sans toutefois atteindre les quantités
maximales qui ne s'observent que dans d'autres conditions.
Pour expliquer la forte classe 1963, observée sur le stock de plie (Pleuronectes
platessa) en mer du Nord, Cushing (1975) invoque cette hypothèse : le froid
exceptionnel de l'hiver 1963-64 aurait retardé la ponte et l'arrivée des larves de plie ;
par contre, avec le temps calme et ensoleillé qui a régné sur le sud de la mer du Nord,
le bloom planctonique et la production de nourriture pour les larves se seraient produits
plus tôt: la coïncidence optimale qui en aurait résulté aurait permis une survie
excellente des larves et l'arrivée d'une cohorte exceptionnelle.
2.5. L'hypothèse du "transport larvaire"
Les larves de la plupart des espèces de poissons d'importance commerciale sont
planctoniques ; elles vivent dans la couche superficielle d'une centaine de mètres de
l'océan, où elles se trouve exposées aux mouvements de l'eau. Le courant de Californie
montre une structure et une dynamique d'une certaine stabilité. Or, la saison de ponte
de l'anchois, parmi d'autres, correspond à la période où la couche superficielle est la
plus stable. Parrish et al. (1981) ont étudié les stratégies de reproduction des principaux
stocks de poissons au large de la Californie. Ils concluent que, dans la zone littorale, les
populations choisissent pour frayer le lieu et l'époque où le risque de disparition de
leurs oeufs par entraînement vers le large est moindre, c'est-à-dire lorsque l'upwelling
et le transport vers le large sont les plus faibles. A leur avis, les écarts par rapport aux
schémas normaux d'entraînement pourraient avoir des effets sérieux sur le succès des
classes d'âge, les oeufs et les larves se trouvant entraînées vers des zones où la
nourriture est insuffisante pour assurer leur survie.
De nombreuses variations sur le thème du transport larvaire ont été proposées
(chapitre 5) ; elles reflètent la grande versatilité des stratégies de reproduction
sélectionnées par les populations de poissons confrontées à des environnements
turbulents et incertains.
En partant d'une comparaison des aspects saisonniers et géographiques du
transport océanique et des stratégies de reproduction des poissons, Parrish et al. (1981)
considèrent que l'entraînement vers le large des oeufs et des larves pourrait être un
processus déterminant dans le succès de la reproduction d'un grand nombre de
2oi
IFREMER-SDP
Centre de BREST
Bibliothèque
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3.P 7n-?.q?fa pinuzMir..
cycle "intermédiaire" qu'il considère comme correspondant aux conditions moyennes :
les larves disposent alors très tôt de nauplii, qui leur assurent suffisamment de
nourriture pour le reste de la période larvaire, sans toutefois atteindre les quantités
maximales qui ne s'observent que dans d'autres conditions.
Pour expliquer la forte classe 1963, observée sur le stock de plie (Pleuronectes
platessa) en mer du Nord, Cushing (1975) invoque cette hypothèse : le froid
exceptionnel de l'hiver 1963-64 aurait retardé la ponte et l'arrivée des larves de plie ;
par contre, avec le temps calme et ensoleillé qui a régné sur le sud de la mer du Nord,
le bloom planctonique et la production de nourriture pour les larves se seraient produits
plus tôt: la coïncidence optimale qui en aurait résulté aurait permis une survie
excellente des larves et l'arrivée d'une cohorte exceptionnelle.
2.5. L'hypothèse du "transport larvaire"
Les larves de la plupart des espèces de poissons d'importance commerciale sont
planctoniques ; elles vivent dans la couche superficielle d'une centaine de mètres de
l'océan, où elles se trouve exposées aux mouvements de l'eau. Le courant de Californie
montre une structure et une dynamique d'une certaine stabilité. Or, la saison de ponte
de l'anchois, parmi d'autres, correspond à la période où la couche superficielle est la
plus stable. Parrish et al. (1981) ont étudié les stratégies de reproduction des principaux
stocks de poissons au large de la Californie. Ils concluent que, dans la zone littorale, les
populations choisissent pour frayer le lieu et l'époque où le risque de disparition de
leurs oeufs par entraînement vers le large est moindre, c'est-à-dire lorsque l'upwelling
et le transport vers le large sont les plus faibles. A leur avis, les écarts par rapport aux
schémas normaux d'entraînement pourraient avoir des effets sérieux sur le succès des
classes d'âge, les oeufs et les larves se trouvant entraînées vers des zones où la
nourriture est insuffisante pour assurer leur survie.
De nombreuses variations sur le thème du transport larvaire ont été proposées
(chapitre 5) ; elles reflètent la grande versatilité des stratégies de reproduction
sélectionnées par les populations de poissons confrontées à des environnements
turbulents et incertains.
En partant d'une comparaison des aspects saisonniers et géographiques du
transport océanique et des stratégies de reproduction des poissons, Parrish et al. (1981)
considèrent que l'entraînement vers le large des oeufs et des larves pourrait être un
processus déterminant dans le succès de la reproduction d'un grand nombre de
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