comestible et pouvait même être toxique, comme c'est le cas pour certaines espèces de
ce genre (Blanco et al. 1985). Il existe aussi de solides évidences selon lesquelles les
larves d'anchois ne mangent pas (et probablement ne peuvent pas manger) les
diatomées et les microflagellés (Scura and Jerde 1977). Aussi, lorsque les diatomées et
les microflagellés prédominent dans l'environnement, les larves d'anchois peuvent
mourrir de faim, même si les densités de phytoplancton excèdent nettement leurs
besoins (Lasker 1981a). En conclusion, la productivité absolue n'est peut-être pas la
variable la plus importante parmi les déterminants de la survie larvaire. L'adéquation
des proies aux besoins trophiques des larves serait plus importante, ces agrégations de
proies pouvant apparaître par taches au sein de vastes étendues de faible productivité
moyenne. A l'inverse, même lorsqu'une productivité élevée donne naissance à des
concentrations importantes de particules de taille convenable, celles-ci peuvent très bien
ne pas convenir aux besoins nutritionnels et à la survie des larves.
2.2. L'hypothèse de "stabilité de l'océan"
Les périodes de mauvais temps et les upwellings engendrent une turbulence dans
la colonne d'eau susceptible, en disloquant les concentrations d'organismes
alimentaires, de faire descendre leur densité en-dessous du seuil trophique. Des
mortalités massives peuvent en résulter. Lasker (1981b) a donné le nom d'hypothèse de
"stabilité de l'océan" à cette variante de l'hypothèse de Hjort.
L'importance de la stabilité océanique pour la survie des larves est illustrée par la
survie de la classe d'âge 1978 du stock d'anchois de Californie. Cette année-là, de
nombreuses périodes de mauvais temps se sont succédées de décembre à février, c'està-dire pendant la première moitié de la saison de ponte. La turbulence de la couche
supérieure de mélange où les larves s'alimentent empêcha la stratification des particules
nutritives et la constitution de concentrations de nourriture en densité suffisante
(Lasker 1981a). La période de mauvais temps s'est terminée en mars ; les particules
alimentaires se sont de nouveau agrégées ; la deuxième moitié de la saison de ponte
devint ainsi propice à la survie larvaire. L'évaluation des taux de survie, effectuée cette
année-là par Methot (1983), a montré qu'en effet, la plupart des juvéniles de la classe
d'âge 1978 étaient nés pendant la deuxième moitié de la saison de ponte, observation
qui concorde avec l'hypothèse de stabilité. L'année suivante, le recrutement de la classe
annuelle 1979 fut très faible ; la raison en fut, selon Methot, un upwelling plus intense
entraînant les larves vers le large, dans des eaux pauvres en nourriture, à une période
critique de leur développement.
L'idée selon laquelle le mauvais temps et la turbulence des couches supérieures de
l'océan qui en résulte peuvent affecter la mortalité larvaire est corroborée par les
196
ce genre (Blanco et al. 1985). Il existe aussi de solides évidences selon lesquelles les
larves d'anchois ne mangent pas (et probablement ne peuvent pas manger) les
diatomées et les microflagellés (Scura and Jerde 1977). Aussi, lorsque les diatomées et
les microflagellés prédominent dans l'environnement, les larves d'anchois peuvent
mourrir de faim, même si les densités de phytoplancton excèdent nettement leurs
besoins (Lasker 1981a). En conclusion, la productivité absolue n'est peut-être pas la
variable la plus importante parmi les déterminants de la survie larvaire. L'adéquation
des proies aux besoins trophiques des larves serait plus importante, ces agrégations de
proies pouvant apparaître par taches au sein de vastes étendues de faible productivité
moyenne. A l'inverse, même lorsqu'une productivité élevée donne naissance à des
concentrations importantes de particules de taille convenable, celles-ci peuvent très bien
ne pas convenir aux besoins nutritionnels et à la survie des larves.
2.2. L'hypothèse de "stabilité de l'océan"
Les périodes de mauvais temps et les upwellings engendrent une turbulence dans
la colonne d'eau susceptible, en disloquant les concentrations d'organismes
alimentaires, de faire descendre leur densité en-dessous du seuil trophique. Des
mortalités massives peuvent en résulter. Lasker (1981b) a donné le nom d'hypothèse de
"stabilité de l'océan" à cette variante de l'hypothèse de Hjort.
L'importance de la stabilité océanique pour la survie des larves est illustrée par la
survie de la classe d'âge 1978 du stock d'anchois de Californie. Cette année-là, de
nombreuses périodes de mauvais temps se sont succédées de décembre à février, c'està-dire pendant la première moitié de la saison de ponte. La turbulence de la couche
supérieure de mélange où les larves s'alimentent empêcha la stratification des particules
nutritives et la constitution de concentrations de nourriture en densité suffisante
(Lasker 1981a). La période de mauvais temps s'est terminée en mars ; les particules
alimentaires se sont de nouveau agrégées ; la deuxième moitié de la saison de ponte
devint ainsi propice à la survie larvaire. L'évaluation des taux de survie, effectuée cette
année-là par Methot (1983), a montré qu'en effet, la plupart des juvéniles de la classe
d'âge 1978 étaient nés pendant la deuxième moitié de la saison de ponte, observation
qui concorde avec l'hypothèse de stabilité. L'année suivante, le recrutement de la classe
annuelle 1979 fut très faible ; la raison en fut, selon Methot, un upwelling plus intense
entraînant les larves vers le large, dans des eaux pauvres en nourriture, à une période
critique de leur développement.
L'idée selon laquelle le mauvais temps et la turbulence des couches supérieures de
l'océan qui en résulte peuvent affecter la mortalité larvaire est corroborée par les
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