5 - L'océan et la variabilité des populations marines
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Shanks (1983) a constaté l'existence d'entraînements en direction des côtes, à des
vitesses d'environ 20 kilomètres par jour, d'organismes et d'objets présents dans les
"slicks" superficiels associés aux ondes internes, qui apparaissent fréquemment au large
de la Californie méridionale sous l'effet des marées. Il a observé, dans ces taches, des
concentrations, de 40 à 60 fois supérieures, de larves pélagiques de poissons et
d'invertébrés divers. Kingsford et Choat (1986) ont fait des observations similaires au
large de l'Australie.
Une abondante littérature a été publiée sur le rôle combiné du comportement
migratoire vertical et des circulations stratifiées d'estuaires dans les échanges au sein des
populations ou leur maintien en zone estuarienne. Boicourt (1988) donne les références
bibliographiques pertinentes les plus récentes.
La structure verticale du champ des flux océaniques permettrait non seulement
aux populations d'organismes planctoniques d'orienter leur advection par un
comportement migratoire adéquat (Boucher 1988), mais aussi de se placer dans des
conditions favorables par rapport à la structure dynamique de leur environnement. Par
exemple, les petits organismes, qui descendent au-dessous d'une couche pauvre en
nourriture pour remonter ensuite après que le déplacement relatif des couches ait mis à
leur portée un nouveau volume d'eau, sont en mesure d'utiliser l'océan sur des échelles
horizontales considérablement supérieures à celles que leur permettent leurs propres
capacités de nage horizontale. Au cours de recherches sur les effets bénéfiques de la
dispersion de larves pélagiques, Doherty el al. (1985) ont construit un modèle de
simulation dans lequel des larves, disséminées dans un environnement comprenant des
essaims dispersés de nourriture et un champ de courants verticalement structuré, et
dotées d'un comportement migratoire vertical les amenant à changer de niveaux quand
les conditions alimentaires ne sont pas bonnes, ont un taux de survie moyen supérieur à
celui des larves qui ne se déplacent pas.
S. Perspectives pour la prochaine décennie
Les adaptations aux processus de l'environnement, observées dans les rythmes
saisonniers, la localisation, etc., des phases successives de l'ontogenèse, sont autant de
reliefs des problèmes les plus cruciaux que rencontrent les populations marines pour
assurer leur reproduction et leur survie. Ces adaptations sont susceptibles de fournir
des solutions à ces problèmes dans la mesure où les processus environnementaux
impliqués conservent une répétitivité minimale au cours de la période d'adaptation. Les
écarts à la moyenne qui affectent ces processus seraient alors les causes principales de
la variabilité interannuelle élevée observée dans le recrutement. Dans cette hypothèse,
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Shanks (1983) a constaté l'existence d'entraînements en direction des côtes, à des
vitesses d'environ 20 kilomètres par jour, d'organismes et d'objets présents dans les
"slicks" superficiels associés aux ondes internes, qui apparaissent fréquemment au large
de la Californie méridionale sous l'effet des marées. Il a observé, dans ces taches, des
concentrations, de 40 à 60 fois supérieures, de larves pélagiques de poissons et
d'invertébrés divers. Kingsford et Choat (1986) ont fait des observations similaires au
large de l'Australie.
Une abondante littérature a été publiée sur le rôle combiné du comportement
migratoire vertical et des circulations stratifiées d'estuaires dans les échanges au sein des
populations ou leur maintien en zone estuarienne. Boicourt (1988) donne les références
bibliographiques pertinentes les plus récentes.
La structure verticale du champ des flux océaniques permettrait non seulement
aux populations d'organismes planctoniques d'orienter leur advection par un
comportement migratoire adéquat (Boucher 1988), mais aussi de se placer dans des
conditions favorables par rapport à la structure dynamique de leur environnement. Par
exemple, les petits organismes, qui descendent au-dessous d'une couche pauvre en
nourriture pour remonter ensuite après que le déplacement relatif des couches ait mis à
leur portée un nouveau volume d'eau, sont en mesure d'utiliser l'océan sur des échelles
horizontales considérablement supérieures à celles que leur permettent leurs propres
capacités de nage horizontale. Au cours de recherches sur les effets bénéfiques de la
dispersion de larves pélagiques, Doherty el al. (1985) ont construit un modèle de
simulation dans lequel des larves, disséminées dans un environnement comprenant des
essaims dispersés de nourriture et un champ de courants verticalement structuré, et
dotées d'un comportement migratoire vertical les amenant à changer de niveaux quand
les conditions alimentaires ne sont pas bonnes, ont un taux de survie moyen supérieur à
celui des larves qui ne se déplacent pas.
S. Perspectives pour la prochaine décennie
Les adaptations aux processus de l'environnement, observées dans les rythmes
saisonniers, la localisation, etc., des phases successives de l'ontogenèse, sont autant de
reliefs des problèmes les plus cruciaux que rencontrent les populations marines pour
assurer leur reproduction et leur survie. Ces adaptations sont susceptibles de fournir
des solutions à ces problèmes dans la mesure où les processus environnementaux
impliqués conservent une répétitivité minimale au cours de la période d'adaptation. Les
écarts à la moyenne qui affectent ces processus seraient alors les causes principales de
la variabilité interannuelle élevée observée dans le recrutement. Dans cette hypothèse,
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