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A. Bakwi
de la pycnocline intermédiaire, où les eaux de mélange plus riches sont entraînées à
l'extérieur de la zone frontale. Une chaîne trophique composée d'une séquence de
producteurs primaires, d'herbivores, de carnivores primaires, etc., va se développer dans
la pycnocline intermédiaire, de la zone frontale vers le large. Les larves de poisson dont
les préférenda alimentaires portent sur de petits organismes des niveaux secondaire et
tertiaire, tels les nauplii de crustacés, bénéficieront ainsi, dans la pycnocline, de
conditions trophiques particulièrement favorables. En un point donné, les larves
pourront, en changeant leur immersion dans la colonne d'eau, pénétrer dans les
courants de surface ou de fond qui s'écoulent vers la terre, et éviter d'être ainsi
emportées hors de leur habitat néritique.
De fait, Buckley et Lough (1987) constatent que, sur le banc Georges, les larves
d'églefin sont plus nombreuses et croissent apparemment plus vite dans la zone
pycnocline située au large de la zone de mélange vertical, que dans les eaux de surface
ou de fond, ou même que dans les eaux côtières de la zone de mélange. On se rappelera
toutefois que l'hydrologie du banc de Georges est des plus complexes ; le schéma de la
figure 5.2 ne peut donner qu'une représentation caricaturale de sa dynamique.
4.3. Les dérives superficielles dues au vent
Dans l'océan, les champs de vent entraînent une couche superficielle mince, dont
l'épaisseur dépasse rarement quelques dizaines de mètres. A des échelles temporelles et
spatiales relativement larges, la dérive nette moyenne de cette couche peut être
schématisée par un modèle théorique, connu sous le nom de "transport d'Ekman"
(Ekman 1905). Du fait de la rotation de la terre, le transport d'Ekman est dévié
perpendiculairement, à droite de la direction du vent dans l'hémisphère nord, à gauche
dans l'hémisphère sud. Dans le champ du transport d'Ekman, on rencontre souvent des
convergences et des divergences marquées, qui contrôlent des transferts verticaux
importants au sein de la couche océanique superficielle.
Les grandes zones d'upwelling côtier se situent le long des marges orientales des
océans où les alizés, qui soufflent constamment en direction de l'Equateur, génèrent
une dérive de surface en direction du large. Quand la dérive est suffisante pour que les
eaux superficielles ne puissent pas être remplacées par un courant parallèle à la côte,
l'équilibre est réalisé, dans le cas le plus simple, par des eaux plus profondes qui
remontent, en direction de la côte, sous la couche de surface (fig. 5.3). Ces eaux
d'origine profonde sont riches en éléments nutritifs dissous nécessaires au
développement planctonique. La très forte productivité de ces régions s'explique par
cette dynamique.
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