5 - L'océan et la variabilité des populations marines
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fertilisation effectif des oeufs peut tomber lorsque la biomasse de reproducteurs
descend en dessous d'un certain seuil. Des bancs de poissons dont la taille a été très
réduite peuvent être privés des avantages offerts par une distribution spatiale
contagieuse (Clark 1974). Pendant les périodes de faible abondance, certaines espèces
de poisson peuvent se joindre aux bancs d'autres espèces plus abondantes. Ainsi, après
son effondrement, on a vu la sardine californienne (Sardinops sagax) se joindre aux
bancs plus abondants de maquereau (Scomber japonicus) ou de chinchard (Trachurus
symmetricus). Cette cohabitation peut contraindre la population déprimée à adopter un
mode de vie ou un régime alimentaire qui lui conviennent moins bien, ce qui
contrariera sa reconstitution. Les avantages de l'intermittence temporelle pourront
également être perdus si les prédateurs peuvent continuer à exercer une forte pression.
Ce ne sera pas le cas si d'autres proies continuent d'être disponibles en abondance,
alors même que l'espèce épuisée a atteint un niveau si bas qu'elle n'offre plus, seule, un
rendement calorique qui suffise à satisfaire la dépense énergétique de ses prédateurs.
Ainsi, la même stratégie "à haut risque", qui autorise la réussite exceptionnelle
d'une population aux périodes où les conditions sont particulièrement favorables et peut
lui permettre de continuer à prédominer dans l'écosystème, sera relativement peu
efficace lorsque les conditions se seront dégradées. Mais, une fois qu'une population est
établie en position dominante, ce mécanisme peut présenter l'avantage supplémentaire
de contrecarrer le développement des populations prédatrices présentes à un niveau
trophique immédiatement supérieur.
Selon la terminologie utilisée dans ce chapitre, la sensibilité du taux de survie des
larves en début d'alimentation autonome (Lasker 1981, chapitre 6) constitue un
"maillon faible" dans la reproduction de la population d'anchois : les événements qui se
produisent à ce stade de l'ontogenèse peuvent influencer considérablement la réussite
du recrutement une année donnée. De nombreuses espèces côtières dépendent des
courants océaniques pour le transport de leurs larves du large, où elles ont éclos, vers
les nourriceries estuariennes, où elles pourraient bénéficier d'avantages en termes de
nourriture et, peut-être, de protection à l'égard de prédateurs moins tolérants au régime
saumâtre. Leur recrutement sera alors marqué par une variabilité de grande amplitude
en relation avec les processus de transport (Rothlisberg 1982). Les variations du débit
d'eau douce dans l'estuaire peuvent modifier l'aire des nourriceries dans les zones
saumâtres et la circulation estuarienne, affectant ainsi les facilités d'entrée et de sortie
(Staples and Vance 1986).
L'exemple de la population de crabe bleu (Callinectes sapidus) de la baie de
Chesapeake, sur la côte est des Etats-Unis, illustre bien ces phénomènes et leur
importance potentielle. De nombreuses espèces de crabe habitent la baie de
Chesapeake (Johnson 1983). Mais, seul le crabe bleu a une reproduction et un
comportement larvaire tels que les larves sortent de la baie et se dispersent au large
(Van Heukelem and Sulkin 1982). On a émis l'hypothèse selon laquelle le succès de son
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fertilisation effectif des oeufs peut tomber lorsque la biomasse de reproducteurs
descend en dessous d'un certain seuil. Des bancs de poissons dont la taille a été très
réduite peuvent être privés des avantages offerts par une distribution spatiale
contagieuse (Clark 1974). Pendant les périodes de faible abondance, certaines espèces
de poisson peuvent se joindre aux bancs d'autres espèces plus abondantes. Ainsi, après
son effondrement, on a vu la sardine californienne (Sardinops sagax) se joindre aux
bancs plus abondants de maquereau (Scomber japonicus) ou de chinchard (Trachurus
symmetricus). Cette cohabitation peut contraindre la population déprimée à adopter un
mode de vie ou un régime alimentaire qui lui conviennent moins bien, ce qui
contrariera sa reconstitution. Les avantages de l'intermittence temporelle pourront
également être perdus si les prédateurs peuvent continuer à exercer une forte pression.
Ce ne sera pas le cas si d'autres proies continuent d'être disponibles en abondance,
alors même que l'espèce épuisée a atteint un niveau si bas qu'elle n'offre plus, seule, un
rendement calorique qui suffise à satisfaire la dépense énergétique de ses prédateurs.
Ainsi, la même stratégie "à haut risque", qui autorise la réussite exceptionnelle
d'une population aux périodes où les conditions sont particulièrement favorables et peut
lui permettre de continuer à prédominer dans l'écosystème, sera relativement peu
efficace lorsque les conditions se seront dégradées. Mais, une fois qu'une population est
établie en position dominante, ce mécanisme peut présenter l'avantage supplémentaire
de contrecarrer le développement des populations prédatrices présentes à un niveau
trophique immédiatement supérieur.
Selon la terminologie utilisée dans ce chapitre, la sensibilité du taux de survie des
larves en début d'alimentation autonome (Lasker 1981, chapitre 6) constitue un
"maillon faible" dans la reproduction de la population d'anchois : les événements qui se
produisent à ce stade de l'ontogenèse peuvent influencer considérablement la réussite
du recrutement une année donnée. De nombreuses espèces côtières dépendent des
courants océaniques pour le transport de leurs larves du large, où elles ont éclos, vers
les nourriceries estuariennes, où elles pourraient bénéficier d'avantages en termes de
nourriture et, peut-être, de protection à l'égard de prédateurs moins tolérants au régime
saumâtre. Leur recrutement sera alors marqué par une variabilité de grande amplitude
en relation avec les processus de transport (Rothlisberg 1982). Les variations du débit
d'eau douce dans l'estuaire peuvent modifier l'aire des nourriceries dans les zones
saumâtres et la circulation estuarienne, affectant ainsi les facilités d'entrée et de sortie
(Staples and Vance 1986).
L'exemple de la population de crabe bleu (Callinectes sapidus) de la baie de
Chesapeake, sur la côte est des Etats-Unis, illustre bien ces phénomènes et leur
importance potentielle. De nombreuses espèces de crabe habitent la baie de
Chesapeake (Johnson 1983). Mais, seul le crabe bleu a une reproduction et un
comportement larvaire tels que les larves sortent de la baie et se dispersent au large
(Van Heukelem and Sulkin 1982). On a émis l'hypothèse selon laquelle le succès de son
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