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A. Bakun
par le mauvais temps ; celles-ci disloquent la distribution spatiale des particules
nutritives nécessaires aux larves en début d'alimentation. Or, la plupart des travaux
empiriques sur les déterminants du recrutement ont abordé le problème en analysant
des moyennes d'événements environnementaux s'étendant sur des périodes
hypothétiques, généralement largement supérieures aux processus en jeu. Cette
observation ne s'applique, ni au travail de Boyd (1979), qui se fonde sur la variance de
la température, ni à celui de Peterman et Bradford (1987), qui s'appuie sur la fréquence
des périodes de vents faibles, de durée suffisante pour permettre la formation de
structures fines de particules nutritives.
3.3. Stratégies à "haut risque" et "maillons faibles"
Selon ce concept, une population de poisson prospérerait quand elle peut
optimiser son bilan énergétique en fonction de la structure temporelle et spatiale de la
distribution de ses proies, tout en présentant elle-même vis-à-vis de ses prédateurs une
distribution qui en minimise la pression. Elle doit y réussir à chacun des stades
successifs de son ontogenèse, sinon la population ne dépassera pas l'effectif
correspondant au stade le moins performant. Parrish et al. (1981) suggèrent, qu'à cause
des contraintes de survie en début d'existence, les populations adultes de poissons
pélagiques liées au courant de Californie atteignent rarement la capacité biotique
déterminée par la nourriture disponible. C'est aussi une des déductions fondamentales
auxquelles conduit la théorie des "membres/vagabonds" développée par Sinclair (1988,
chapitres 4, 6 et 22).
Apparemment, la nécessité d'optimiser, à tous les stades, le bilan énergétique est
une contrainte trop forte pour que puissent apparaître des stratégies très générales. Les
probabilités de survie, surtout pendant les premiers stades de la vie, semblent dépendre
souvent de circonstances particulières. Le développement de chaque stade doit en effet
coïncider avec la production de ses proies successives, non seulement sur les plans
spatial et temporel, mais aussi par rapport à leurs tailles. Quand l'optimisation implique
un déplacement géographique, l'énergie apportée "gratuitement" par les mouvements de
l'océan doit être utilisée. Les désavantages hydrodynamiques de leur taille handicapent
les très petits organismes dans leur lutte contre les flux océaniques à grande échelle. Ils
sont confrontés à des situations à "haut risque" lors de certaines étapes de leur cycle de
vie. Cette vulnérabilité particulière à l'instabilité des processus océaniques,
déterminante pour la réussite des cohortes, peut s'exprimer par le concept de "maillon
faible".
Quand l'effectif d'une population a été réduit pour une raison ou une autre,
divers mécanismes peuvent intervenir pour la maintenir à un niveau bas. Le taux de
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