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A. Bakiin
et réoccupant saisonnièrement des secteurs particuliers de leurs aires respectives de
distribution (Brandhorst and Costello 1971, Belvèze and Erzini 1983, entre autres).
L'importance d'une utilisation efficace de l'énergie disponible est également démontrée
par le fait que les schémas migratoires paraissent déterminés de façon à tirer profit - et
non à s'y opposer - des courants océaniques, même lorsque les vitesses de courant sont
lentes relativement à celles de déplacement des poissons (Royce et al 1968). Lorsque
les secteurs qui conviennent à la survie des stades précoces ne satisfont pas aux besoins
alimentaires des adultes, les migrations répondent aussi à la nécessité pour les géniteurs
de pondre dans les zones favorables à la survie des stades précoces.
On a longtemps pensé que la nourriture était cruciale pour la survie des cohortes
au début de leur existence (Hjort 1926, chapitres 4 et 6). Les larves de poisson ont
besoin de particules nutritives très petites ; leur niveau trophique est donc bas. Cette
observation est à l'origine de l'idée selon laquelle les variations de la production
primaire seraient déterminantes dans les fluctuations de la survie larvaire et, donc, pour
le succès du recrutement. Cette idée n'a pratiquement jamais été corroborée par des
faits. Le cycle biologique des organismes marins comprend fréquemment des "maillons
faibles" correspondant aux phases durant lesquelles les larves dérivent passivement dans
des champs de courants incertains, ou durant lesquelles leurs besoins alimentaires sont
qualitativement et quantitativement très spécifiques. Apparemment, les fluctuations des
processus physiques, qui affectent lors de ces phases critiques les conditions de survie,
sont à l'origine de la forte variabilité qui caractérise le recrutement. Cette variabilité
expliquerait aussi que la propagation d'énergie et de biomasse à travers les niveaux
successifs de la chaîne trophique soit si aléatoire.
3.2. Intermittence et hétérogénéité spatiale
L'intermittence, qui se manifeste chez les populations marines par des pics élevés
d'abondance séparés par des intervalles beaucoup plus longs au cours desquels les
effectifs restent faibles, est une caractéristique générale de l'écologie des populations
marines. Les intermittences sont temporelles et spatiales. L'agrégation en bancs chez
les poissons et les invertébrés nectoniques, comme la distribution en essaims ou en
taches du plancton et du benthos, sont des manifestations de cette distribution spatiale
contagieuse. Une telle répartition permet aux prédateurs de disposer à certains
moments de plus de nourriture qu'ils n'en peuvent consommer mais, à l'inverse, réduit
la fréquence des rencontres entre les prédateurs et leurs proies. La distribution
hétérogène des proies a pour conséquence d'abaisser la concentration effective de leurs
populations, concentration sur laquelle la population de prédateurs doit réaliser un
bilan énergétique positif : ainsi, la pression de prédation se relâche pour des biomasses
de proies supérieures à celles qui seraient atteintes si les populations de ces dernières
étaient uniformément réparties.
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A. Bakiin
et réoccupant saisonnièrement des secteurs particuliers de leurs aires respectives de
distribution (Brandhorst and Costello 1971, Belvèze and Erzini 1983, entre autres).
L'importance d'une utilisation efficace de l'énergie disponible est également démontrée
par le fait que les schémas migratoires paraissent déterminés de façon à tirer profit - et
non à s'y opposer - des courants océaniques, même lorsque les vitesses de courant sont
lentes relativement à celles de déplacement des poissons (Royce et al 1968). Lorsque
les secteurs qui conviennent à la survie des stades précoces ne satisfont pas aux besoins
alimentaires des adultes, les migrations répondent aussi à la nécessité pour les géniteurs
de pondre dans les zones favorables à la survie des stades précoces.
On a longtemps pensé que la nourriture était cruciale pour la survie des cohortes
au début de leur existence (Hjort 1926, chapitres 4 et 6). Les larves de poisson ont
besoin de particules nutritives très petites ; leur niveau trophique est donc bas. Cette
observation est à l'origine de l'idée selon laquelle les variations de la production
primaire seraient déterminantes dans les fluctuations de la survie larvaire et, donc, pour
le succès du recrutement. Cette idée n'a pratiquement jamais été corroborée par des
faits. Le cycle biologique des organismes marins comprend fréquemment des "maillons
faibles" correspondant aux phases durant lesquelles les larves dérivent passivement dans
des champs de courants incertains, ou durant lesquelles leurs besoins alimentaires sont
qualitativement et quantitativement très spécifiques. Apparemment, les fluctuations des
processus physiques, qui affectent lors de ces phases critiques les conditions de survie,
sont à l'origine de la forte variabilité qui caractérise le recrutement. Cette variabilité
expliquerait aussi que la propagation d'énergie et de biomasse à travers les niveaux
successifs de la chaîne trophique soit si aléatoire.
3.2. Intermittence et hétérogénéité spatiale
L'intermittence, qui se manifeste chez les populations marines par des pics élevés
d'abondance séparés par des intervalles beaucoup plus longs au cours desquels les
effectifs restent faibles, est une caractéristique générale de l'écologie des populations
marines. Les intermittences sont temporelles et spatiales. L'agrégation en bancs chez
les poissons et les invertébrés nectoniques, comme la distribution en essaims ou en
taches du plancton et du benthos, sont des manifestations de cette distribution spatiale
contagieuse. Une telle répartition permet aux prédateurs de disposer à certains
moments de plus de nourriture qu'ils n'en peuvent consommer mais, à l'inverse, réduit
la fréquence des rencontres entre les prédateurs et leurs proies. La distribution
hétérogène des proies a pour conséquence d'abaisser la concentration effective de leurs
populations, concentration sur laquelle la population de prédateurs doit réaliser un
bilan énergétique positif : ainsi, la pression de prédation se relâche pour des biomasses
de proies supérieures à celles qui seraient atteintes si les populations de ces dernières
étaient uniformément réparties.
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