5 - L'océan et la variabilité des populations marines
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suffisante, le faible taux de dissipation calorique corporelle, permis par la température
des eaux tropicales, est compatible avec la dépense d'énergie nécessaire à
l'accomplissement, chaque année, d'un voyage de dix mille kilomètres aller-retour.
Les organismes peuvent aussi utiliser à leur avantage les sources externes de
l'énergie mécanique de l'eau. Les organismes sessiles, par exemple, n'ont pas besoin
d'énergie pour se mouvoir à la recherche de leurs proies. Le mouvement de l'eau
fournit l'énergie nécessaire pour passer au crible, sans dépense propre, d'énormes
volumes d'eau. Ceci explique, en partie, les biomasses importantes que l'on rencontre
sur les côtes rocheuses et les bancs peu profonds, même au large où la productivité de
l'océan est faible.
Les coelentérés pélagiques dépensent également un minimum d'énergie. Leur
stratégie met à profit l'activité de leurs proies et les mouvements de l'eau à une échelle
inférieure à leur propre longueur corporelle. Certaines grandes méduses optimisent
cette stratégie grâce à des filaments longs de plusieurs mètres qui pénètrent, sous la
surface, dans les couches à circulation horizontale (cf.§ 4) : elles profitent ainsi, sans
dépense d'énergie, des mouvements relatifs de l'eau par rapport à leur appareil de
capture.
Les siphonophores, tels les Physalia et les Vellela, sont dotés de flotteurs
superficiels avec lesquels ils utilisent l'énergie des vents pour dériver. Ils améliorent
ainsi, sans coût en calories, leur taux de rencontre avec les proies en suspension dans les
couches sous-jacentes. Ces avantages paraissent contrebalancer largement les
inconvénients associés aux dommages mécaniques auxquels sont exposés, au niveau de
l'interface air-mer, ces grands organismes fragiles.
La forte attraction pour les objets flottants, manifestée par différents poissons
pélagiques, suggère que les poissons sont à l'affût des concentrations nutritives (Hunter
and Mitchell 1967, Matsumoto et al. 1981). Les objects flottants tendent à s'accumuler
dans les zones de convergence des courants de surface. C'est aussi dans ces zones que
se concentrent les organismes capables de contrebalancer la lente plongée de l'eau au
niveau des convergences. Ainsi, ce serait dans la mesure où les objets flottants indiquent
la présence de concentrations d'organismes planctoniques que les poissons pélagiques
seraient attirés par ces objets.
Les stocks d'importance commerciale ne sont pas toujours présents en
permanence dans des secteurs où, pourtant, la température et les autres conditions de
milieu sont favorables. Cette contradiction apparente pourrait s'expliquer par le fait que
les concentrations de nourriture se situent, à certaines saisons et en certains secteurs, à
des immersions trop profondes. De nombreux stocks effectuent des migrations, quittant
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suffisante, le faible taux de dissipation calorique corporelle, permis par la température
des eaux tropicales, est compatible avec la dépense d'énergie nécessaire à
l'accomplissement, chaque année, d'un voyage de dix mille kilomètres aller-retour.
Les organismes peuvent aussi utiliser à leur avantage les sources externes de
l'énergie mécanique de l'eau. Les organismes sessiles, par exemple, n'ont pas besoin
d'énergie pour se mouvoir à la recherche de leurs proies. Le mouvement de l'eau
fournit l'énergie nécessaire pour passer au crible, sans dépense propre, d'énormes
volumes d'eau. Ceci explique, en partie, les biomasses importantes que l'on rencontre
sur les côtes rocheuses et les bancs peu profonds, même au large où la productivité de
l'océan est faible.
Les coelentérés pélagiques dépensent également un minimum d'énergie. Leur
stratégie met à profit l'activité de leurs proies et les mouvements de l'eau à une échelle
inférieure à leur propre longueur corporelle. Certaines grandes méduses optimisent
cette stratégie grâce à des filaments longs de plusieurs mètres qui pénètrent, sous la
surface, dans les couches à circulation horizontale (cf.§ 4) : elles profitent ainsi, sans
dépense d'énergie, des mouvements relatifs de l'eau par rapport à leur appareil de
capture.
Les siphonophores, tels les Physalia et les Vellela, sont dotés de flotteurs
superficiels avec lesquels ils utilisent l'énergie des vents pour dériver. Ils améliorent
ainsi, sans coût en calories, leur taux de rencontre avec les proies en suspension dans les
couches sous-jacentes. Ces avantages paraissent contrebalancer largement les
inconvénients associés aux dommages mécaniques auxquels sont exposés, au niveau de
l'interface air-mer, ces grands organismes fragiles.
La forte attraction pour les objets flottants, manifestée par différents poissons
pélagiques, suggère que les poissons sont à l'affût des concentrations nutritives (Hunter
and Mitchell 1967, Matsumoto et al. 1981). Les objects flottants tendent à s'accumuler
dans les zones de convergence des courants de surface. C'est aussi dans ces zones que
se concentrent les organismes capables de contrebalancer la lente plongée de l'eau au
niveau des convergences. Ainsi, ce serait dans la mesure où les objets flottants indiquent
la présence de concentrations d'organismes planctoniques que les poissons pélagiques
seraient attirés par ces objets.
Les stocks d'importance commerciale ne sont pas toujours présents en
permanence dans des secteurs où, pourtant, la température et les autres conditions de
milieu sont favorables. Cette contradiction apparente pourrait s'expliquer par le fait que
les concentrations de nourriture se situent, à certaines saisons et en certains secteurs, à
des immersions trop profondes. De nombreux stocks effectuent des migrations, quittant
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