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A. Bakicn
3. Processus énergétiques et spatiaux
3.1. Les relations trophiques dans l'océan
Les écosystèmes marins sont organisés selon une hiérarchie de niveaux
trophiques, que franchissent successivement les organismes au cours de leur
développement. Dans l'océan, les plus grands organismes bénéficient d'avantages
hydrodynamiques marqués qui font, qu'avec la taille des prédateurs, les proies ont de
plus en plus de mal à leur échapper. Sauf dans des habitats spécialisés, l'océan n'offre
guère de refuge sûr. Au contraire, le sort d'une population de proies semble souvent
dépendre du volume dans lequel elles se distribuent et que les prédateurs doivent
explorer ou filtrer avant de les rencontrer. L'énergie que le prédateur devra dépenser
avant d'être prêt à attraper une proie (en plus de celle qu'il doit consacrer à son
maintien physiologique, sa croissance et sa reproduction) doit être équilibrée par le
contenu calorique de la nourriture qu'il ingère. Sinon, le prédateur devra, soit changer
de proies, soit migrer vers une zone plus riche, soit passer à un état de latence où sa
consommation d'énergie sera minime. Faute de quoi, il mourra de faim. Ainsi, une
population ne pourra accroître sa biomasse qu'autant que ses membres ne sont pas
confrontés, à un moment donné de leur existence, à un déficit d'énergie prolongée.
Les populations marines ont recours à une grande variété de stratégies pour
réaliser un bilan énergétique positif. Un exemple de stratégie à "haut niveau d'énergie"
est fourni par les thons, qui migrent sur de grandes distances, traversant parfois des
bassins océaniques entiers pour gagner des zones d'engraissement suffisamment riches
pour satisfaire leur gros appétit. Chez ces espèces, le taux de croissance élevé nécessaire
pour atteindre la taille et l'efficacité hydrodynamique requises par cette stratégie est
apparemment réalisé au prix d'un taux élevé de mortalité naturelle (Pauly 1980) ; leur
métabolisme peut être deux ou trois fois plus élevé que celui d'autres espèces capables
des mêmes vitesses (Oison and Boggs 1986). Ainsi, la biologie des thons paraît
caractérisée par une recherche incessante de concentrations de nourriture, qui
répondent aux besoins énergétiques élevés que leur impose leur régime de vie.
Les grandes baleines disposent, dans les mers australes, pendant la saison d'été,
d'abondantes concentrations de plancton ; elles migrent saisonnièrement vers les
tropiques où leur alimentation est très ralentie (Lockley 1979). Apparemment, à cette
époque de l'année, où la nourriture disponible ne leur fournit pas une énergie
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