5 - L'océan et la variabilité des populations marines
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aléatoire, de haute fréquence et de grande amplitude, émanant des fluctuations de
l'environnement, ou des états transitoires que celles-ci induisent dans la structure des
communautés. Ainsi, en supposant que l'on dispose d'une théorie et des hypothèses
nécessaires au tri des observations, l'examen dans la nature du comportement normal
de populations exposées à des contextes environnementaux différents devrait nous
éclairer sur la nature des phénomènes déterminant la variabilité des populations
naturelles, mieux que les corrélations empiriques ou les travaux expérimentaux.
Les démarches expérimentale et comparative constituent "... les deux grandes
méthodes scientifiques" (Mayr 1982). La méthode comparative convient
particulièrement aux situations non réductibles à l'expérimentation ; elle est à l'origine,
par exemple, de presque tous les progrès révolutionnaires réalisés en biologie de
l'évolution (ibid.). Bakun (1985) a proposé un schéma logique d'analyse comparative
des résultats d'études régionales sur l'hydrologie des aires préférentielles de ponte.
Cette méthode devrait permettre de tirer des inferences sur les processus qui contrôlent
la variabilité du recrutement des populations marines, et d'accroître la confiance
attribuable aux résultats empiriques. Parrish et al. (1983) donnent un exemple
d'application d'une telle méthode.
Les sections qui suivent esquissent un cadre conceptuel particulier applicable à
une série de populations marines différentes. La stratégie qui la sous-tend m'est, d'une
certaine façon, personnelle ; on pourra en contester certains aspects. Dans la mesure où
elle est valide, elle permettra de classer, par ordre de complexité, les relations qui lient,
sur un large spectre d'échelles fonctionnelles, les populations marines à leur
environnement physique et vivant. Une telle approche devrait réduire le nombre
d'hypothèses explicatives, s'appuirait sur la méthode scientifique comparative, et
servirait à définir les programmes d'observation à conduire en réponse à des questions
explicitement formulées. Dans les différents habitats où elles vivent et se reproduisent,
les populations marines ont à résoudre des questions analogues de stratégie
démographique. Les observations accumulées sur les réactions des différentes
populations, en réponse aux événements qui se produisent dans leurs environnements,
n'apparaîtront alors peut-être plus comme fragmentaires et anecdotiques - ainsi qu'on
les traite souvent - mais comme des éléments à partir desquels des généralisations
scientifiques pourront se déduire.
Finalement, un ensemble de questions se rapportant à un thème commun dont
l'intérêt est actuel, celui du transport et de la colonisation par les larves, sera abordé
plus en détail. Elles illustrent la démarche qui peut être suivie pour faire progresser la
compréhension du recrutement. De toute évidence, s'il faut attendre d'être en mesure
de démêler et d'évaluer toutes les liaisons complexes au sein des réseaux trophiques
océaniques, nous devrons attendre longtemps avant de progresser dans l'aménagement
des ressources halieutiques. Si des raccourcis existent, ils se situent vraisemblablement
au niveau de la compréhension de ces processus.
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