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A. Bakiin
2. Stratégies de recherche
2.1. Méthodes
Sauf dans de petites enceintes, il est difficile de réaliser des expériences
contrôlées sur les processus qui déterminent la survie des larves et des juvéniles. On ne
peut pas, en effet, contrôler le milieu océanique ambiant. D'autre part, la superposition
des échelles de mouvement interdit de conserver aux fins d'expérimentation l'intégralité
d'un volume d'eau isolé. C'est pourquoi les petites enceintes tronquent les échelles des
processus et imposent des interfaces irréalistes, qui risquent d'altérer des mécanismes
essentiels. De plus, comme la probabilité d'atteindre la phase exploitée est très faible
pour l'énorme majorité des oeufs, les circonstances qui affectent un échantillon donné
de larves apparemment typiques peuvent n'avoir que peu de rapport avec les conditions
requises pour le recrutement effectif d'une population. Ainsi, un sous-groupe réduit de
larves, présent dans une structure pas nécessairement typique, pourrait être le seul à
bénéficier des circonstances tout à fait particulières qui offrent des chances significatives
de survie.
Ce sont ces difficultés qui ont fait que, dans le passé, la plupart des recherches
ont suivi une démarche empirique : on s'est efforcé d'établir des relations statistiques
entre le bilan global final, c'est-à-dire le "recrutement", et divers indices intégrant des
conditions particulières ayant régné au cours de l'existence antérieure des cohortes.
Etant donné la multitude de relations susceptibles d'intervenir entre certains
processus du milieu et les conditions qui déterminent la survie des stades précoces (tabl.
5.1), cette démarche empirique présente des carences spécifiques évidentes. Diverses
séries chronologiques de variables, ou d'indicateurs hydrologiques, ou météorologiques
(Bakun and Parrish 1980, Bakun 1986a et 1987) peuvent être établies, en vue de déceler
une ou plusieurs de ces relations. Différentes sources d'incertitude relatives aux échelles
de temps, aux décalages possibles entre causes et effets, etc., multiplient les possibilités
d'aboutir à des corrélations plus ou moins nettes entre des séries temporelles courtes
(souvent auto-corrélées) de données annuelles. De telles relations peuvent ensuite être
justifiées sans difficulté, par référence à un mécanisme écologique arbitrairement choisi
a posteriori. Lorsqu'une telle corrélation est suffisamment élevée pour répondre aux
normes de signification statistique, elle devient publiable comme une contribution au
progrès des connaissances. Compte tenu du nombre de possibilités susceptibles d'être
examinées a priori, la probabilité d'obtenir le même degré de corrélation peut ne pas
être supérieure à celle que l'on peut attendre de l'analyse de séries également longues
de nombres tirés au hasard. Cette incertitude demeure même lorsque plusieurs
chercheurs analysent séparément des données relatives à une même période, chacun
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