consomme plutôt des euphausiacés pélagiques et des juvéniles de poissons (ICES CM.,
1984a). En dépit de ces différences de préférence, la plupart des espèces marines font
preuve dans le choix de leurs proies d'un comportement opportuniste. Ainsi, à la
question : "Que mangent les morues ?", Brooks (1986) donne la réponse : "N'importe
quoi ou presque". Cette boutade apparente concorde bien avec la grande diversité de
proies répertoriées dans les estomacs de morue. En fait, le régime alimentaire d'un
prédateur varie énormément dans le temps et l'espace, ainsi qu'avec sa taille (Daan
1973). Cette grande variabilité ne facilite pas les généralisations et, donc, les projections
sur le régime alimentaire des espèces prédatrices.
En principe, les données sur les régimes alimentaires pourraient être introduites
dans les MSVPA sur une base annuelle. Mais la détermination des contenus stomacaux
est longue et coûteuse. Aussi, est-il difficile, pour des raisons logistiques, d'envisager la
répétition sur plusieurs années d'un programme d'envergure. Pour pouvoir extrapoler
sur plusieurs années les observations d'une année, il est nécessaire de modèliser les
régimes alimentaires des espèces prédatrices.
L'hypothèse la plus simple consisterait à admettre que le régime alimentaire
reste stable d'une année à l'autre. Mais cette hypothèse n'est pas conforme aux
observations selon lesquelles l'abondance relative de chaque proie et, par conséquent, le
régime alimentaire varient. Comme, en outre, l'évaluation des stocks plurispécifiques
porte explicitement sur des stocks fluctuants, une telle hypothèse n'est pas réaliste.
On a vu que la composition spécifique de la nourriture consommée par différents
prédateurs peut être comparée à celle des captures prises par différents engins. Elle
varie en fonction des différences de "capturabilité" des espèces. Pour les prédateurs, le
terme de "préférence" serait plus approprié. Ce terme suggère que la prédation serait
sélective. En réalité, la sélection comporte un terme actif et des termes passifs, car le
régime alimentaire d'un prédateur dépend aussi de la disponibilité relative et de la
composition par taille des espèces consommées présentes dans un secteur donné, à une
période donnée. Ainsi, en pratique, le résultat de la sélection intègre plusieurs
mécanismes différents.
Ursin (1982) a formulé le problème théoriquement. Il propose le concept de
vulnérabilité (v) d'un organisme i, utilisé comme proie par un prédateur j. Cette
vulnérabilité est exprimée par le produit d'un certain nombre d'indices reflétant les
différents termes du processus de sélection : disponibilité écologique (e), préférence de
taille (s), chevauchement (o), etc. :
v.. = ejj . s.. . 0 ]} . ...
avec : (0 < v, e, s, o < 1)
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1984a). En dépit de ces différences de préférence, la plupart des espèces marines font
preuve dans le choix de leurs proies d'un comportement opportuniste. Ainsi, à la
question : "Que mangent les morues ?", Brooks (1986) donne la réponse : "N'importe
quoi ou presque". Cette boutade apparente concorde bien avec la grande diversité de
proies répertoriées dans les estomacs de morue. En fait, le régime alimentaire d'un
prédateur varie énormément dans le temps et l'espace, ainsi qu'avec sa taille (Daan
1973). Cette grande variabilité ne facilite pas les généralisations et, donc, les projections
sur le régime alimentaire des espèces prédatrices.
En principe, les données sur les régimes alimentaires pourraient être introduites
dans les MSVPA sur une base annuelle. Mais la détermination des contenus stomacaux
est longue et coûteuse. Aussi, est-il difficile, pour des raisons logistiques, d'envisager la
répétition sur plusieurs années d'un programme d'envergure. Pour pouvoir extrapoler
sur plusieurs années les observations d'une année, il est nécessaire de modèliser les
régimes alimentaires des espèces prédatrices.
L'hypothèse la plus simple consisterait à admettre que le régime alimentaire
reste stable d'une année à l'autre. Mais cette hypothèse n'est pas conforme aux
observations selon lesquelles l'abondance relative de chaque proie et, par conséquent, le
régime alimentaire varient. Comme, en outre, l'évaluation des stocks plurispécifiques
porte explicitement sur des stocks fluctuants, une telle hypothèse n'est pas réaliste.
On a vu que la composition spécifique de la nourriture consommée par différents
prédateurs peut être comparée à celle des captures prises par différents engins. Elle
varie en fonction des différences de "capturabilité" des espèces. Pour les prédateurs, le
terme de "préférence" serait plus approprié. Ce terme suggère que la prédation serait
sélective. En réalité, la sélection comporte un terme actif et des termes passifs, car le
régime alimentaire d'un prédateur dépend aussi de la disponibilité relative et de la
composition par taille des espèces consommées présentes dans un secteur donné, à une
période donnée. Ainsi, en pratique, le résultat de la sélection intègre plusieurs
mécanismes différents.
Ursin (1982) a formulé le problème théoriquement. Il propose le concept de
vulnérabilité (v) d'un organisme i, utilisé comme proie par un prédateur j. Cette
vulnérabilité est exprimée par le produit d'un certain nombre d'indices reflétant les
différents termes du processus de sélection : disponibilité écologique (e), préférence de
taille (s), chevauchement (o), etc. :
v.. = ejj . s.. . 0 ]} . ...
avec : (0 < v, e, s, o < 1)
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