pourraient produire davantage. Des considérations théoriques et des observations
empiriques supportent cette idée.
Jusqu'à présent, les cultures marines ont surtout progressé par essais empiriques,
qu'il faut mettre à l'actif des producteurs. Pour apprécier objectivement les perspectives
et déterminer les modalités pratiques de progrès, le recours à la démarche scientifique
est aujourd'hui nécessaire. L'accroissement de la production dépendra, en effet, des
réponses qui pourront être apportées à trois questions, également complexes et
fondamentales :
- quel rôle joue l'environnement dans le succès des populations aquatiques et
quelles conclusions peut-on en tirer quant aux possibilités d'accroître artificiellement
leur recrutement ?
- comment peut-on tirer profit des progrès récents de la recherche en biologie et
en génétique pour mieux comprendre les fonctions biologiques des espèces et accroître
à long terme la production, notamment en aquaculture ?
- comment réserver à ceux qui seraient prêts à assurer les investissements requis
pour accroître le recrutement de populations naturelles choisies, des captures
suffisantes pour couvrir leurs frais ?
On retrouve là deux questions clés de l'aménagement des pêches. La variabilité
naturelle du recrutement des stocks halieutiques a maintenant, sur les performances des
armements et l'aménagement des pêcheries, des conséquences d'autant plus marquées
que la pêche s'est intensifiée et que le nouveau Droit de la mer entrave le déploiement
géographique des flottilles. La réservation de droits particuliers d'exploitation n'est
qu'une manifestation du problème de l'allocation, dans la pêche, de privilèges d'usage.
Ces rapprochements entre pêche et aquaculture extensive sont révélateurs de la
similitude des problèmes posés par l'usage efficace et la conservation des ressources
vivantes de la mer. C'est le thème de cet ouvrage. Il aborde successivement les aspects
écologiques, économiques, sociaux et institutionnels de l'exploitation des ressources
halieutiques. Parce qu'elles sont d'une autre nature et ressortent d'une autre démarche,
les dimensions réductibles à l'action de l'entreprise n'y sont pas abordées. Cette
délimitation du sujet ne sous-estime pas l'intérêt de la domestication d'espèces marines
ou de la valorisation de la matière première. De toute évidence, démarches holistique et
réductionniste sont complémentaires : de la pêche aux formes les plus contrôlées
coexistent, sans hiatus, tout un éventail de filières qui combinent, selon des assemblages
propres, maîtrise des fonctions biologiques des organismes et gestion des populations.
S'il est bon d'en analyser, pour chaque système de production, l'intérêt potentiel relatif,
les deux approches doivent être menées de front.
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empiriques supportent cette idée.
Jusqu'à présent, les cultures marines ont surtout progressé par essais empiriques,
qu'il faut mettre à l'actif des producteurs. Pour apprécier objectivement les perspectives
et déterminer les modalités pratiques de progrès, le recours à la démarche scientifique
est aujourd'hui nécessaire. L'accroissement de la production dépendra, en effet, des
réponses qui pourront être apportées à trois questions, également complexes et
fondamentales :
- quel rôle joue l'environnement dans le succès des populations aquatiques et
quelles conclusions peut-on en tirer quant aux possibilités d'accroître artificiellement
leur recrutement ?
- comment peut-on tirer profit des progrès récents de la recherche en biologie et
en génétique pour mieux comprendre les fonctions biologiques des espèces et accroître
à long terme la production, notamment en aquaculture ?
- comment réserver à ceux qui seraient prêts à assurer les investissements requis
pour accroître le recrutement de populations naturelles choisies, des captures
suffisantes pour couvrir leurs frais ?
On retrouve là deux questions clés de l'aménagement des pêches. La variabilité
naturelle du recrutement des stocks halieutiques a maintenant, sur les performances des
armements et l'aménagement des pêcheries, des conséquences d'autant plus marquées
que la pêche s'est intensifiée et que le nouveau Droit de la mer entrave le déploiement
géographique des flottilles. La réservation de droits particuliers d'exploitation n'est
qu'une manifestation du problème de l'allocation, dans la pêche, de privilèges d'usage.
Ces rapprochements entre pêche et aquaculture extensive sont révélateurs de la
similitude des problèmes posés par l'usage efficace et la conservation des ressources
vivantes de la mer. C'est le thème de cet ouvrage. Il aborde successivement les aspects
écologiques, économiques, sociaux et institutionnels de l'exploitation des ressources
halieutiques. Parce qu'elles sont d'une autre nature et ressortent d'une autre démarche,
les dimensions réductibles à l'action de l'entreprise n'y sont pas abordées. Cette
délimitation du sujet ne sous-estime pas l'intérêt de la domestication d'espèces marines
ou de la valorisation de la matière première. De toute évidence, démarches holistique et
réductionniste sont complémentaires : de la pêche aux formes les plus contrôlées
coexistent, sans hiatus, tout un éventail de filières qui combinent, selon des assemblages
propres, maîtrise des fonctions biologiques des organismes et gestion des populations.
S'il est bon d'en analyser, pour chaque système de production, l'intérêt potentiel relatif,
les deux approches doivent être menées de front.
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