DOM-TOM
Une première écloserie est construite en 1977. Elle utilise la méthode
américaine dite en "eau verte" sur laquelle une équipe locale est formée.
En 1979, le Conseil Régional fait appel au Cnexo pour implanter une
deuxième écloserie selon la méthode en "eau claire" qui vient d'être
mise au point à Tahiti.
En 1982, le bilan des résultats des deux écloseries montre la supériorité
de la méthode "eau claire" en matière de productivité et de fiabilité. La
Sica des producteurs qui a reçu la responsabilité complète de son
développement et décide d'agrandir l'écloserie et d'étendre cette méthode
aux deux écloseries en combinant un prégrossissement larvaire dans
l'une et la phase de métamorphose dans l'autre.
L'Ifremer met alors en place une équipe d'assistance au grossissement.
Son travail est complémentaire de celui de la Sica qui est chargée des
études de site et du suivi de la construction des bassins. Les surfaces
exploitées et le nombre d'aquaculteurs s'accroissent rapidement.
A partir de 1987, la commercialisation sur le marché local s'organise
autour de la Sica et de quelques gros producteurs afin d'homogénéiser
la qualité, la présentation et le prix du produit. L'Ifremer se retire en
1988, laissant à la Sica la responsabilité de l'assistance technique au
grossissement.
2.2. Evolution des surfaces et des productions
La figure 1.24 montre nettement que le développement des surfaces
de bassins n'a vraiment démarré qu'en 1983, c'est-à-dire à partir du
moment où les investisseurs ont pu compter sur une écloserie fiable et
bien dimensionnée. Les surfaces sont maintenant stabilisées à une
trentaine d'hectares pour une production de 50 tonnes, entièrement
commercialisée sur le marché local. Le nombre d'aquaculteurs s'est
accru rapidement pour se stabiliser vers 50 à partir de 1987.
La réduction des surfaces depuis 1987 correspond à l'abandon de petits
aquaculteurs peu compétitifs, à la transformation d'une ferme de
3,3 hectares en un élevage de poissons et à l'arrêt d'une ferme de
2,3 hectares. Ce phénomène n'a pas entraîné une réduction des productions,
au contraire. Le rendement moyen continue à progresser. Il est environ
de 1,7 T/ha/an pour la moyenne de toutes les exploitations mais varie
de 1 à 3 T/ha/an selon les éleveurs et les sites.
Il faut noter la petite taille de la majorité des exploitations puisque si
l'on retire une exploitation industrielle de 10 hectares il reste 23 hectares
pour 49 aquaculteurs soit 0,47 hectares de surface moyenne par exploitant
(figure 1.25). Ce demi-hectare est généralement constitué de deux ou
trois petits bassins situés à proximité d'une rivière et entourés de champs
de canne à sucre ou de banane (figure 1.26). L'élevage (essentiellement
l'alimentation et la pêche) est assuré le plus souvent par la main d'oeuvre
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