Physiologie
leurs fluides corporels plus concentrés que le milieu dans lequel ils
vivent. Ils doivent donc compenser une entrée continue d'eau et absorber
activement des ions à partir d'un milieu très dilué pour remplacer ceux
perdus par diffusion ou excrétion. Des facteurs comme le jeûne, la
température, le stade de maturité, le stade de mue peuvent influencer
le niveau de concentration interne des crustacés d'eau douce.
La régulation s'effectue essentiellement par l'intermédiaire de la sécrétion
des glandes antennales (appelée "urine") et des branchies. La perte
d'eau et de sels de l'urine est équilibrée par l'entrée active d'eau et
d'ions à travers les branchies. L'absorption par le système digestif est
de moindre importance.
Le calcium, qui joue un rôle important au cours de la mue, est également
impliqué dans l'osmorégulation de la chevrette. On le trouve dans une
gamme de 66 à 112 mg/100 ml de sérum quand l'animal est dans un
milieu en contenant 2. (En comparaison, chez Penaeus marginatus,
espèce marine, la concentration interne de calcium est comprise entre
53 et 73 mg pour un milieu ambiant en contenant 36). Les mécanismes
d'absorption spécifique sont donc particulièrement performants chez la
chevrette.
Les branchies constituent un lieu complexe d'échanges où se produisent
à la fois les échanges respiratoires et ioniques ainsi que l'excrétion des
produits azotés, issus du métabolisme de l'animal. Ces mécanismes
actifs demandent de l'énergie. Ils peuvent être bloqués par des conditions
défavorables (taux d'oxygène insuffisant par exemple) et entraînant un
déséquilibre du milieu intérieur et donc de l'ensemble du métabolisme.
4.2. Particularités osmotiques de la chevrette
L'eau saumâtre est nécessaire pour la survie et le développement des
larves de chevrettes (voir cycle biologique). Ces dernières ont un pouvoir
de régulation trop faible pour leur autoriser une vie en eau douce. Avec
l'âge et l'exposition progressive à des salinités basses, les juvéniles
deviennent des régulateurs suffisamment efficaces pour pouvoir maintenir
leur milieu intérieur hyper-osmotique par rapport au milieu ambiant. Dans
le même temps, les juvéniles semblent perdre leur possibilités hyporégulatrices en milieu saumâtre : les postlarves de M. rosenbergii ne
restant que quelques semaines en eau saumâtre, le maintien d'une telle
régulation hypo-osmotique efficace est de peu d'intérêt pour l'espèce.
Il est possible que les capacités d'osmorégulation des femelles se
modifient en fonction de leur stade de maturation. Leur migration en
eau saumâtre avant la ponte pourrait être la conséquence d'une telle
modification de leurs propres capacités à réguler. Ceci aboutirait d'une
part, à diminuer la demande énergétique de régulation au profit du
développement des œufs et d'autre part, à permettre l'éclosion dans
un environnement moins stressant que l'eau douce, des jeunes larves
n'ayant pas encore développé leurs organes de régulation.
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