Physiologie
1.2. Importance de l'oxygène
En pratique, le taux d'oxygène dissous est un des trois principaux
paramètres de tout élevage (avec la température et le pH). Il détermine
l'énergie que l'animal peut dépenser pour son osmorégulation, pour la
constitution de ses réserves, pour sa croissance, etc. L'éleveur doit
donc toujours porter une attention particulière à ce paramètre. Cela
passe par une bonne gestion des bassins, notamment par un contrôle
des déchets organiques et du phytoplancton qui concurrencent l'animal
dans l'utilisation de l'oxygène.
Dans le cas de bassins à forte demande en oxygène, la mise en service
d'aérateurs mécaniques peut être nécessaire au moins pendant une
partie de la nuit (voir Aération).
L'animal gère son potentiel énergétique en fonction de la disponibilité
d'oxygène. Des taux constamment moyens n'ont pas d'effets visibles
mais une action insidieuse sur la croissance et la survie. Des expériences
menées sur la crevette marine Penaeus vannamei
ont montré un
ralentissement de croissance dès que les conditions nocturnes d'oxygénation
tombaient à 1,5 ppm, qui est loin de la valeur létale (de l'ordre de
0,5 ppm). Chez Penaeus comme chez Macrobrachium, on considère
que le taux de 3 ppm à 28° C est la valeur en-dessous de laquelle
l'oxygène présent dans le milieu peut affecter la croissance et la survie.
2. Croissance
2.1. Cycle de mue
Au cours de leur croissance, tous les crustacés doivent régulièrement
se dépouiller du squelette externe rigide, ou carapace, qui les protège
des attaques extérieures mais qui les empêche d'avoir une croissance
continue. A la mue, la carapace rigide est éliminée tandis qu'une nouvelle
carapace fine et élastique, la cuticule, est mise en place et va permettre
l'expansion du corps de l'animal par une entrée massive d'eau.
La mue n'est pas un phénomène temporaire, affectant le crustacé de
temps à autre, mais un processus qui englobe la vie entière de l'animal :
l'élimination de l'ancienne carapace, ou exuviation, est l'action
spectaculaire par laquelle l'animal conclut un ensemble de préparatifs
biologiques qui ont commencé à la mue précédente. Cependant dans
la suite du texte, par souci de simplification, on appelera "mue" cette
phase ultime dans laquelle la chevrette élimine son ancienne carapace
ou "exuvie" (figure 4.8). La mue n'est rendue possible que par trois
phases fondamentales :
- la constitution, au niveau de l'hépatopancréas, de réserves énergétiques
et minérales, qui seront mobilisées à l'exuviation,
316
Précédent

- 334/394

Suivant