Introduction
A l'inverse de ce positionnement sur les grands marchés consommateurs,
la chevrette est connue et très appréciée sur certains marchés régionaux,
là où elle vit à l'état naturel (espèce M. rosenbergii ou autres espèces
voisines) : Caraïbes, zone tropicale du continent américain, îles de
l'océan Pacifique et de l'océan Indien, Afrique de l'Ouest. Elle a alors
un nom particulier qui lui confère une identité précise et elle fait partie
de la gastronomie régionale.
Quand les travaux de Fujimura ont commencé à être connus, à partir
de 1970, certaines de ces régions où un marché local existait, ont
manifesté un fort intérêt pour cette activité. Elle pouvait s'intégrer dans
le contexte d'économies agricoles à la recherche de diversification et
de développement, pour la création d'entreprises productrices et créatrices
d'emplois. Cet intérêt, et plus particulièrement celui de la Polynésie
française à partir de 1971, est à l'origine de l'inscription de cet élevage
dans le programme "Aquaculture tropicale" de l'Ifremer.
Le programme français de recherche-développement
Les travaux de recherche ont démarré à Tahiti, au COP en 1972.
L'approche de la mise au point des procédés d'élevage a été
pluridisciplinaire, l'équipe Aquacop étant composée de zootechniciens,
de nutritionnistes, d'écochimistes, de pathologistes et d'ingénieurs. Les
travaux se sont ensuite étendus en Martinique, en Guadeloupe, puis en
Guyane où ils ont pris la forme du soutien au développement par
l'assistance technique aux promoteurs et aux éleveurs, et par
l'encadrement ou le conseil des structures professionnelles. En Guyane,
en 1986, l'Ifremer a construit une station d'expérimentation à Kourou
pour réussir l'adaptation des techniques de production au contexte local
très particulier.
Dans sa démarche de recherche, de développement et de transfert, qui
est l'une de ses missions principales, l'Ifremer a créé deux filiales de
production : une ferme de démonstration de 10 hectares à Tahiti en
1980, Aquapac S.A. et une écloserie de capacité de 25 millions de
postlarves en Guyane en 1982, Guyane Aquaculture S.A.
En accompagnant les professionnels des DOM-TOM dans la mise en
place de cette activité nouvelle (72 aquaculteurs sont dénombrés en
1990) et en s'engageant lui-même dans la production, l'Ifremer a été
confronté à toutes les difficultés de la filière d'ordre technique, économique
et commercial. Elles ont été analysées et des solutions ont été apportées
pour atteindre la maîtrise des élevages, une rentabilité satisfaisante sur
les marchés locaux et pour vendre la chevrette d'élevage sur le marché
français à un prix comparable à celui des autres crevettes, grâce à la
mise en valeur d'une image justifiée de produit haut de gamme.
Ces acquis successifs permettent de dire aujourd'hui que les incertitudes
liées aux différentes étapes de cet élevage sont levées et que l'étude
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