L'entreprise aquacole
constitue une intégration parfaite de la production des postlarves à
l'unité de grossissement avec tous les avantages qui y sont liés.
- Pour le conditionnement, le tri de chevrettes en classes de tailles
commerciales se fait toujours manuellement, quelle que soit l'importance
de l'atelier de traitement. En effet, les trieuses utilisées pour les
pénéides ne fonctionnent pas pour les chevrettes à cause de leurs
pinces qui restent accrochées dans les gouttières de tri. Il n'y a donc
pas de surcoût pour le traitement du produit dans une unité artisanale
par rapport à une unité industrielle. D'autre part, les équipements de
froid adaptés à la préparation du produit en frais ou en congelé
(machine à glace, bac de congélation à saumure, chambre froide de
stockage) existent pour des capacités de traitement réduites et présentent
les mêmes caractéristiques de robustesse que des unités plus grosses.
De plus, le conditionnement sur place de la chevrette, réduit
considérablement les risques de dégradation de sa qualité qui
apparaissent dès sa capture dans le bassin. Ceux liés au transfert
des animaux (manipulations supplémentaires, entassement,
réchauffement, etc.) sont ainsi éliminés.
Le dernier maillon de l'intégration verticale est le contrôle de la
commercialisation. L'intérêt de plus en plus marqué des consommateurs
de bien identifier le produit et son origine va dans le sens d'une
commercialisation directe par le producteur. Mais la politique
commerciale qui a été déterminée comme la mieux adaptée pour
valoriser la chevrette d'élevage conduit à un éclatement des ventes
hebdomadaires vers un nombre très important de clients auprès
desquels il faut intervenir en permanence à la fois pour enregistrer
les commandes et pour la facturation. Pour être efficace, cette forme
de vente nécessite deux personnes. Le surcoût engendré par ce
poste supplémentaire est compensé par un prix de vente très supérieur
par rapport à celui d'un produit "banalisé". Mais ce poste, correspondant
essentiellement à des charges de salaires, pèsera d'autant moins
que le volume de vente sera important. Une entreprise de dimension
moyenne (de l'ordre de 50 tonnes par an) devra donc chercher un
ou plusieurs partenaires pour conduire ce type d'opération à la condition
qu'ils garantissent tous une qualité identique du produit.
52. Structure coopérative
L'autre alternative à l'entreprise intégrée est l'entreprise qui se groupe
avec d'autres, d'importance similaire, pour traiter en commun les besoins
amont et aval de la production. C'est cette forme qui a prévalu dans
les plans de développement de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane,
avec la création de Sica (Société d'intérêt collectif agricole).
Les principaux points d'intérêt commun qui ont permis d'ancrer cette
coopération entre exploitants ont été la production de postlarves, la
disponibilité sur le marché local d'un aliment adapté, l'assistance technique
aux éleveurs et la commercialisation.
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