L'élevage en continu
Pour bon nombre de fermes, les mauvais résultats se traduisent par
un écart important entre ce qui est introduit dans le bassin (nombre de
postlarves, quantité d'aliment) et ce qui en est sorti (la production de
chevrettes). Ainsi le taux de retour peut aller de 10 à 40 % et l'indice
de conversion est souvent supérieur à 4.
Ces résultats sont constatés a posteriori par l'éleveur ; les moyens de
suivi et de contrôle du cheptel sont peu nombreux (notamment pour
connaître la survie et la croissance des restockages) et ne lui permettent
pas toujours de savoir ce qui s'est réellement passé dans le bassin.
On ne peut à aucun moment comptabiliser la population en élevage
entre l'ensemencement et la récolte.
Analyse des résultats
Le suivi des bassins antillo-guyanais par les équipes d'assistance technique
de 1981 à 1988 et les travaux de recherche conduits par l'équipe Ifremer
à la station expérimentale d'aquaculture de Kourou de 1986 à 1990,
ont permis de mieux comprendre l'organisation de la population dans
ce type de schéma de gestion. La méthode d'investigation utilisée à la
station de Kourou a consisté à suivre le poids moyen, la taille des
individus, ainsi que la répartition des sexes et des morphotypes grâce
à des échantillonnages bimensuels. Des évaluations du nombre d'animaux
présents dans le bassin étaient effectuées régulièrement en utilisant les
méthodes décrites dans la fiche Suivi du cheptel.
On a pu retirer trois informations importantes.
On n'exploite qu'une faible proportion des animaux ensemencés
Les pertes d'animaux sont importantes.
- A l'ensemencement, par suite du stress provoqués par les paramètres
physico-chimiques de l'eau du bassin d'accueil (pH, température,
dureté, etc.) qui sont à la limite ou en dehors des fourchettes de
tolérance pour des postlarves sortant de l'écloserie. Ces pertes à
l'ensemencement ne sont pas détectées tout de suite ; l'éleveur ne
pourra s'en rendre compte qu'un à deux mois plus tard s'il pratique
un échantillonnage. S'il ne s'en rend pas compte et qu'il ne restocke
pas, il y aura une baisse de production huit mois plus tard et l'indice
de conversion de l'aliment sera très élevé.
- En cours d'élevage, principalement en raison de l'écrasement par
le filet des animaux qui viennent de muer. Ce phénomène mécanique
est fortement accentué dans les bassins envasés.
Les évaluations du nombre d'animaux en élevage et les comptages lors
de vidanges ont révélé des densités réelles comprises entre 2 et 7 ind/m
2
(figure 2.3) pour 15 à 18 PL/m
2 ensemencées. Un rendement de 2 T/ha/an
correspond à l'exploitation de 25 à 30 % seulement des animaux introduits.
91
Pour bon nombre de fermes, les mauvais résultats se traduisent par
un écart important entre ce qui est introduit dans le bassin (nombre de
postlarves, quantité d'aliment) et ce qui en est sorti (la production de
chevrettes). Ainsi le taux de retour peut aller de 10 à 40 % et l'indice
de conversion est souvent supérieur à 4.
Ces résultats sont constatés a posteriori par l'éleveur ; les moyens de
suivi et de contrôle du cheptel sont peu nombreux (notamment pour
connaître la survie et la croissance des restockages) et ne lui permettent
pas toujours de savoir ce qui s'est réellement passé dans le bassin.
On ne peut à aucun moment comptabiliser la population en élevage
entre l'ensemencement et la récolte.
Analyse des résultats
Le suivi des bassins antillo-guyanais par les équipes d'assistance technique
de 1981 à 1988 et les travaux de recherche conduits par l'équipe Ifremer
à la station expérimentale d'aquaculture de Kourou de 1986 à 1990,
ont permis de mieux comprendre l'organisation de la population dans
ce type de schéma de gestion. La méthode d'investigation utilisée à la
station de Kourou a consisté à suivre le poids moyen, la taille des
individus, ainsi que la répartition des sexes et des morphotypes grâce
à des échantillonnages bimensuels. Des évaluations du nombre d'animaux
présents dans le bassin étaient effectuées régulièrement en utilisant les
méthodes décrites dans la fiche Suivi du cheptel.
On a pu retirer trois informations importantes.
On n'exploite qu'une faible proportion des animaux ensemencés
Les pertes d'animaux sont importantes.
- A l'ensemencement, par suite du stress provoqués par les paramètres
physico-chimiques de l'eau du bassin d'accueil (pH, température,
dureté, etc.) qui sont à la limite ou en dehors des fourchettes de
tolérance pour des postlarves sortant de l'écloserie. Ces pertes à
l'ensemencement ne sont pas détectées tout de suite ; l'éleveur ne
pourra s'en rendre compte qu'un à deux mois plus tard s'il pratique
un échantillonnage. S'il ne s'en rend pas compte et qu'il ne restocke
pas, il y aura une baisse de production huit mois plus tard et l'indice
de conversion de l'aliment sera très élevé.
- En cours d'élevage, principalement en raison de l'écrasement par
le filet des animaux qui viennent de muer. Ce phénomène mécanique
est fortement accentué dans les bassins envasés.
Les évaluations du nombre d'animaux en élevage et les comptages lors
de vidanges ont révélé des densités réelles comprises entre 2 et 7 ind/m
2
(figure 2.3) pour 15 à 18 PL/m
2 ensemencées. Un rendement de 2 T/ha/an
correspond à l'exploitation de 25 à 30 % seulement des animaux introduits.
91
