L'élevage en continu
de 18 postlarves restockées par an a été identifié à partir de l'analyse
des résultats des fermes de la Martinique en 1982-83 et qui pratiquaient
des réensemencements compris entre 5 et 25 PL/m
2 /an.
- La récolte est effectuée par double pêche tous les 15 jours, avec
une senne de maille de 25 mm pour obtenir un poids moyen de
récolte de 40 g environ. La première a lieu 7 mois après l'ensemencement
initial.
- La quantité d'aliment distribuée est fixée à 5 % de la biomasse
estimée ; à partir du quatorzième mois, elle est de l'ordre de 30 kg/ha/jour
(biomasse estimée de 60 g/m
2 ).
- Le cycle d'élevage est long : en moyenne, les bassins antillais
restent 5 années en production avant d'être vidés et curés pour un
nouveau cycle.
Ce système a été choisi aux Antilles-Guyane car la température de
l'eau permet l'élevage toute l'année (moyennes mensuelles de 26 à
30°C en Guyane et de 23 à 28°C en Martinique). Il est facile à mettre
en œuvre, ne nécessite pas de formation préalable et permet de produire
même avec une surface faible. Il s'intègre donc facilement dans les
exploitations agricoles existantes comme activité de diversification. Enfin,
il assure une production d'animaux de grosse taille (20 à 30 ind/kg),
catégorie qui valorise le produit à la commercialisation.
1.2. Résultats enregistrés aux Antilles-Guyane
De 1983 à 1988, environ 70 exploitations ont appliqué ce schéma dans
de bonnes conditions d'approvisionnement en postlarves, les écloseries
régionales ayant été capables, très peu de temps après leur implantation,
de satisfaire la demande des éleveurs pour assurer les restockages
successifs.
A cette échelle, les résultats sont assez irréguliers : les rendements en
Martinique et en Guadeloupe sont compris entre 0,8 et 3 T/ha/an sur
la période 1983-90 ; en Guyane, ils varient de 1 à 2,5 T/ha/an sur la
période 1985-90. La moyenne des rendements des exploitations sur les
quatre dernières années est de 1,3 T/ha/an pour les Antilles et de
1,1 T/ha/an en Guyane.
Pour de nombreuses exploitations, ils ont donc été nettement inférieurs
au prévisionnel de production (2 à 2,5 T/ha/an) mettant les entreprises
dans des situations parfois difficiles.
Parmi les bons résultats, il faut retenir celui de la ferme Charpentier
en Martinique, qui a pratiqué le mode de gestion en continu de 1982
à 1988 tel qu'il vient d'être décrit et qui a obtenu un rendement
de 2,8 T/ha/an sur l'ensemble de la ferme pendant 3 ans (voir figure
2.7).
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