La très forte réactivité associée à une grande simplicité du modèle représenté par les
microflores subantarctiques (Delille, 1977) font de l’archipel de Kerguelen une station de
premier ordre pour ce type d’études. Le choix de ce site présente par ailleurs l’avantage
d’utiliser une microflore vierge de toute agression antérieure et permet de combler un vide
géographique très important car si l’Arctique est très étudié (Horowitz et Atlas, 1977,
Sparrow et al., 1978, Jordan et al., 1978, Griffiths et al., 1981 etc.) toute la partie sud de
l’Océan mondial n’a été qu’effleurée jusqu’à présent (Clarke et Law, 1981 ; Platt et al
1981).
Nous disposons à l'heure actuelle d’un vaste arsenal de techniques adaptées à ce genre
d’études (comptages directs, comptages viables hétérotrophiques, numérations de microflores spécifiques des hydrocarbures avec ou sans traceur radioactif, déterminations
taxonomiques, potentiels hétérotrophiques sur substrats généraux ou directement sur
hydrocarbures). Chacune de ces méthodes présente ses propres avantages mais aussi ses
inconvénients. Rares sont les travaux qui, tels ceux de Jordan et al., 1977 et Sayler et al.,
( 1983), utilisent conjointement la plupart de ces méthodes. 11 nous a donc semblé utile de
réunir le plus grand nombre possible de données différentes à partir d’un même
échantillon.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les deux incubateurs flottants destinés aux études in situ sont constitués chacun de quatre
chambres de 60 cm de diamètre en contact direct avec le milieu marin par leur face
inférieure. Ils sont mouillés à l’intérieur d’une petite anse abritée. Les expériences en
milieu clos sont menées dans des enceintes de 3 m 3 alimentées par de l’eau de mer prélevée
au large de la station de Port-aux-Français. Dans les deux types d’expérimentation, les
incubations sont conduites dans des conditions climatiques voisines : températures
situées entre 0 et 8°C, vent d’Ouest dominant pouvant atteindre 50 m/s.
L’évolution des populations bactériennes est suivie à intervalle régulier après addition de
pétrole brut “Arabe Léger” (500 ml / m 2 , ce qui correspond à une épaisseur théorique de
500 µm).
La biomasse bactérienne totale est estimée par comptage direct en épifluorescence ( Hobbie et al 1977, microscope Olympus BHA).
La microflore viable hétérotrophe totale est évaluée par étalement sur boites de milieu de
Zobell 2216 (Marine Agar Difco).
La microflore hétérotrophe spécifique des hydrocarbures est dénombrée par “M.P.N.”
sur un milieu de base minéral additionné du brut “arabe léger” constituant la seule source
de carbone disponible (Mills et al 1978).
L’activité hétérotrohique est mesurée par adjonction de 15/µl de substances radioactives
(glucose, glutamate et naphtalène
14 C;. 1 µCi/ml) à des aliquots de 30 ml. Après divers
essais la durée d’incubation a été fixée à 2 h pour le glucose et l’acide glutamique et à 24 h
pour le naphtalène. Le potentiel hétérotrophe correspond au pourcentage de 14 C biotransformé ( 14 CO 2 + 14 C particulaire) par rapport à la quantité initiale introduite.
Lors de l’utilisation d’hydrocarbures marqués au 14 C (hexadécane ou naphtalène) quelques auteurs mentionnent certaines difficultés aussi bien dans la mise en solution des
hydrocarbures qu’au niveau de la récupération du 14 CO2 ou du 14 C assimilé. Difficilement solubles, ces hydrocarbures doivent être mis en solution dans un aliquot d’alcool,
d’acétone ou de xylène; mais ceci n’empêche nullement les échanges d’hydrocarbures
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