des mesures in situ (T90 global) pour tenter de permettre, à plus long terme, la prise en
compte de ce paramètre dans les projets d’implantation d’émissaires en mer. Dans ce but,
nous avons étudié la vitesse de disparition (T90 biologique) des bactéries d’un effluent
urbain dans l’eau de mer dans un pilote expérimental clos d’un volume important et
ultérieurement dans des bassins à flux continu. Les résultats présentés ici concernent les
coliformes fécaux. Le milieu utilisé (gélose EMB Bio Mérieux, incubation à 44,5° C) est
en fait reconnu assez sélectif d’E. coli. Toutefois, des identifications de souches effectuées
lors de plusieurs expériences montrent que ce pouvoir sélectif vis-à-vis d'E. coli diminue,
en fonction de la mortalité des bactéries dans l’eau de mer. C’est pourquoi, on a estimé
préférable de conserver le terme de coliformes fécaux.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Cette étude a été abordée dans un pilote expérimental dans lequel nous avons suivi
l’évolution d’un mélange d’effluent urbain épuré et d’eau de mer naturelle dans différentes
conditions. Le pilote, d’un volume utile de 2m
3 , est constitué d’un canal de circulation
annulaire en acier “inox” muni d’un dispositif de propulsion permettant une homogénéité
satisfaisante du mélange. Il est soumis aux conditions climatiques extérieures mais
protégé des précipitations par un toit en matériau translucide. Nous avons étudié l’évolution du mélange lors de plusieurs expériences analogues échelonnées sur quatre ans
portant sur le même rapport de dilution effluent/eau de mer = 1/10 afin d’examiner
l’influence des conditions expérimentales (saisons, qualité des constituants du mélange).
Ces essais ont été complétés par des expériences annexes réalisées en enceintes closes, de
volume plus réduit, permettant la recherche de certaines variables explicatives des phénomènes observés.
Pour se rapprocher de la réalité d’un rejet en mer, nous avons aussi étudié la vitesse de
disparition des coliformes fécaux dans un dispositif expérimental à flux continu, constitué par trois bassins de grand volume. Ces bassins peuvent être alimentés soit séparément,
soit en cascade, ce qui permet de moduler les volumes respectifs d’effluent et d’eau de mer
admis dans chaque composant (différentes dilutions) et les temps de séjour dans les trois
bacs.
Le temps de survie des coliformes fécaux a été étudié en relation avec différents descripteurs écologiques, physiques et chimiques (température, matière en suspension totale,
demande chimique en oxygène, carbone organique particulaire, ammonium, urée, phosphate) et biologiques (nucléotides adényliques, chlorophylle, microflore hétérotrophe
viable). Les T90 sont calculés graphiquement à partir des droites de régression log du
nombre de bactéries = f(t).
RÉSULTATS
Pilote expérimental clos
Les valeurs de T90 obtenues à différentes périodes de l’année sont variables et s’échelonnent de 12 h à 81 h avec une moyenne de 33,5 h (n = 23, intervalle de confiance de la
moyenne = 9 h) pour le rapport de dilution choisi (1/10). Les temps de survie des
coliformes fécaux dans ces conditions expérimentales sont donc relativement longs,
jamais inférieurs à 12 h. On peut également remarquer une élévation de la durée de survie
en période printanière. En effet, dans toutes les expériences faites aux mois de mars et
avril, ainsi que dans celle du mois de mai 1981, les valeurs de T90 obtenues sont nettement
plus élevées. Le T90 moyen pour ces sept expériences est de 60,7± 13,6 h alors qu’il n’est
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