L’analyse de prélèvements mixtes d’eau et de moules a porté sur huit stations. Les
résultats obtenus (Plusquellec, 1984) confirment les précédentes observations.
La concentration des bactéries par les moules conduit à des dénombrements moyens
toujours supérieurs dans les bivalves, les facteurs de concentration obtenus varient
cependant selon les stations. Ils sont très élevés pour des sites peu contaminés, et, par
contre, les valeurs minimales (2,5 pour les Coliformes fécaux et 7,6 pour les Streptocoques fécaux) sont obtenus pour le site le plus pollué.
Dans tous les cas, une contamination plus importante est observée pour les Streptocoques
fécaux.
Utilisation des moules pour la mise en évidence des Salmonelles
Cette étude comparée de la contamination des eaux et des moules a été complétée par la
recherche des Salmonelles dans les deux types de prélèvements.
Les Salmonelles ont été rencontrées dans quatre stations situées à proximité immédiate
des rejets (Plusquellec, 1984).
La valeur des moules comme matériel d’étude pour cette recherche est apparue avec
évidence. Sur 55 échantillons analysés, la présence des Salmonelles a été rencontrée 15
fois : 12 fois dans les moules et 3 fois dans les eaux.
Les Salmonelles rencontrées sont variées, et appartiennent à des sérotypes communs.
Les Salmonelles ne sont mises en évidence que pour des stations où le taux d’indicateurs
est important.
DISCUSSION
L’objectif de cette étude était d’estimer la valeur des moules comme matériel d’analyse
pour le contrôle bactériologique du milieu marin.
En premier lieu, les moules sont intéressantes du point de vue de la sensibilité de l’analyse.
La concentration importante qu’elles réalisent en fait un matériel bien adapté à l’étude de
sites faiblement pollués.
La concentration observée paraît liée à la charge bactérienne dans l’eau, elle diminue pour
les sites très pollués. Cabelli - Hefferman, (1970) ont montré que l’augmentation de la
charge en particules limitait l’activité filtrante des bivalves.
Cette concentration permet également la mise en évidence plus facile des bactéries
présentes en petit nombre dans le milieu. Ceci est apparu nettement pour la recherche des
Salmonelles, et rejoint d’autres conclusions similaires (Marjori et al. 1977).
Une différence très sensible est apparue dans la concentration des deux groupes d’indicateurs bactériens dans les bivalves. Delattre et Delesmont (1981) ont fait la même observation, et envisagent une explication liée à la taille des bactéries ou à l’analyse.
Cette différence dans les facteurs de concentration pourrait s’expliquer par une persistance plus importante des Streptocoques fécaux à l’intérieur des bivalves. Prieur (1981) a
souligné l’adaptation de certaines bactéries aux conditions hostiles rencontrées dans le
tractus digestif des moules. Or, les Streptocoques fécaux d’origine humaine se caractérisent par une bonne résistance en milieu hostile (Feachem, 1975).
Cette persistance prolongée peut expliquer également la différence que présentent les
deux indicateurs au point de vue de la variabilité des dénombrements.
547
Précédent

- 507/628

Suivant