Milieu de culture : une suspension de E. coli de 8 heures, vivant, à 2.10 8 bacilles par ml, est
préparée en eau de mer autoclavée à 110°C. Le milieu gélosé GMB (gélose-eau de
mer-bactéries) est préparé avec l’eau de mer additionnée de gélose à 1,5 % ainsi que de
bacilles coli de 24 heures à la concentration de 1.10
10 bacilles par ml. L’ensemble est
stérilisé pendant 30 mn à 115°C.
La souche de Escherichia coli utilisée a été fournie par le prof. Leclerc (Lille, France).
Le pouvoir bactéricide de l’eau est testé par la méthode d’Appelman (Appelman, 1921).
Le titrage des microvibrions est effectué par la méthode de dilutions sur plaque de gélose
GMB.
La température d’incubation est de 35°C.
Les observations ont été faites à l’aide du contraste de phase (grossissement 1000).
La filtration sur filtres millipore de 0,65-0,45-0,30-0,22 µm de porosité.
Les centrifugations ont été de 30 mn à 36 700 g ( 14 000 T/ mn).
RESULTATS
L’eau prélevée dans l’océan Austral manifeste un pouvoir bactéricide intense. Les bacilles
de E. coli introduits dans cette eau sont tués en deux jours. Apparaissent ensuite dans la
culture de minuscules vibrions dont la quantité initiale est de l’ordre d’une centaine de
milliers par ml.
L’isolement d’une souche de microvibrions est facilité par leur présence dans la culture à
l’état apparemment pur. Deux sortes de colonies sont obtenues sur la gélose GMB. Les
unes apparaissent le deuxième jour, lisses et bombées de 0,25 à 0,3 mm de diamètre.
D’autres, au bout de quelques jours, très nombreuses, ponctiformes, peu distincts sur le
fond de gélose. Chacune de ces colonies est constituée par les éléments vibrioides, fins,
allongés et filtrables (0,45 /rm). Ils se multiplient aux dépens des bacilles et jamais sur les
milieux de laboratoire. Les bacilles-hôtes sont tués sans qu’il y ait de contact direct avec le
prédateur, contrairement à ce qui se passe dans le cas de prédateur d’eau douce Bdellovibrio bacteriovorus (Stolp, 1973).
Toutes les colonies examinées sont bactéricides, mais c’est à partir de colonies petites et
tardives que les souches les plus agressives ont été obtenues.
Bien que provenant d’une région où la température est en permanence relativement basse,
les nouveaux microvibrions peuvent également se développer aux dépens de E. coli à la
température de 40°C. Il en est d’ailleurs de même de toutes les souches de Microvibrio
marinus isolées dans d’autres zones géographiques.
La filtration des cultures de microvibrions à travers les filtres Millipore (0,22µm) élimine,
en général, tous les microvibrions d’un filtrat. Ce dernier continue pourtant à tuer les
bacilles mis à son contact et son pouvoir bactéricide s’accroît curieusement après chaque
addition de E. coli malgré l’absence de vibrions prédateurs.
DISCUSSION
Les microvibrions isolés dans les eaux subantarctiques ressemblent, en ce qui concernt
leur morphologie et leur comportement, à Microvibrio marinus. Les conditions d’origine
de ces vibrions contribuent à dégager certains aspects de leur existence et compléter ainsi
les observations antérieures faites avec d’autres microvibrions. L’absence d’une pollution
marquée dans l’eau étudiée s’explique, au moins en partie, par la température basse
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