GERBAM — Deuxième Colloque International de Bactériologie marine — CNRS, Brest, 1-5 octobre 1984
IFREMER, Actes de Colloques, 3, 1986, pp. 521-523
61
PRESENCE DE MICROVIBRIO MARINUS DANS LES EAUX DE L’OCEAN
AUSTRAL ET SON POUVOIR BACTERICIDE
A. GUÉLIN* et P. CAMUS**
* Station de biologie Marine 29211 ROSCOFF (FRANCE)
** IREMER centre de Nantes - BP 1049 - 44037 NANTES Cedex 01 (FRANCE)
RÉSUMÉ - L’eau de la région subantarctique (48°33’S - 70°50’E)est fortement bactéricide. Diluée à 1:10 000 elle
tue les bacilles de Escherichia coli en quelques jours. Les cultures obtenues à partir de cette eau contiennent de
nombreux microvibrions en état apparemment pur. Le filtrat d’une telle culture, exempt de microvibrions,
continue à tuer E. coli. Son pouvoir bactéricide s’accroît après chaque addition de bacilles-hôtes, sans que le
prédateur soit présent dans le filtrat.
Mots clés: subantarctique, Microvibrio marinus, pouvoir bactéricide, autoépuration.
ABSTRACT - Presence of Microvibrio marinus in the Southern Ocean and its bactericidal effect.
Sea-water from the subantarctic region appears to be strongly bactericidal. When diluted : 1:10 000 it kills E. coli
within a few days. Cultures prepared with this water contain numerous microvibrios apparently as a pure strain.
Microvibrio- free filtrates of the culture are still able to kill E. coli. Moreover the bactericidal power increases
after each addition of host-bacteria in spite of the lack of the predators.
Key words : subantarctic, Microvibrio marinus, bactericidal power, self-purification.
INTRODUCTION
Il y a une centaine d’années, Giaxa (1889) le premier, attira l’attention sur le pouvoir
bactéricide de l’eau de mer incitant, par la suite, de nombreuses recherches sur la question.
L’existence d’un tel pouvoir est universellement admise actuellement et considérée
comme la résultante de facteurs à la fois physiques, chimiques et biologiques. Le rôle
indéniable des facteurs biologiques revient, en premier lieu, à la lutte entre les espèces
bactériennes au sein du milieu aquatique.
L’introduction de bacilles coli dans les eaux prélevées aux différents points de l’Océan
mondial provoque en quelques jours la mort de ces bacilles. Et ceci en absence de toute
intervention de rayonnement, de dilution ou de brassage. Le début de disparition de E.
coli coïncide avec l’apparition des vibrions prédateurs appartenant à l’espèce Microvibrio
marinus (Guélin et al. 1982).
Le Microvibrio marinus se rencontre dans toutes les régions du globe. L’étude d’une
souche isolée à partir des eaux subantarctiques est exposée dans cette note.
MATÉRIEL ET MÉTHODE
L’échantillon d’eau a été prélevé en surface dans l’océan Austral, le 27 juin 1983. Température d’eau : 3° 2 C. Position de prélèvement : 48°33’S - 70°50’E.
521
IFREMER, Actes de Colloques, 3, 1986, pp. 521-523
61
PRESENCE DE MICROVIBRIO MARINUS DANS LES EAUX DE L’OCEAN
AUSTRAL ET SON POUVOIR BACTERICIDE
A. GUÉLIN* et P. CAMUS**
* Station de biologie Marine 29211 ROSCOFF (FRANCE)
** IREMER centre de Nantes - BP 1049 - 44037 NANTES Cedex 01 (FRANCE)
RÉSUMÉ - L’eau de la région subantarctique (48°33’S - 70°50’E)est fortement bactéricide. Diluée à 1:10 000 elle
tue les bacilles de Escherichia coli en quelques jours. Les cultures obtenues à partir de cette eau contiennent de
nombreux microvibrions en état apparemment pur. Le filtrat d’une telle culture, exempt de microvibrions,
continue à tuer E. coli. Son pouvoir bactéricide s’accroît après chaque addition de bacilles-hôtes, sans que le
prédateur soit présent dans le filtrat.
Mots clés: subantarctique, Microvibrio marinus, pouvoir bactéricide, autoépuration.
ABSTRACT - Presence of Microvibrio marinus in the Southern Ocean and its bactericidal effect.
Sea-water from the subantarctic region appears to be strongly bactericidal. When diluted : 1:10 000 it kills E. coli
within a few days. Cultures prepared with this water contain numerous microvibrios apparently as a pure strain.
Microvibrio- free filtrates of the culture are still able to kill E. coli. Moreover the bactericidal power increases
after each addition of host-bacteria in spite of the lack of the predators.
Key words : subantarctic, Microvibrio marinus, bactericidal power, self-purification.
INTRODUCTION
Il y a une centaine d’années, Giaxa (1889) le premier, attira l’attention sur le pouvoir
bactéricide de l’eau de mer incitant, par la suite, de nombreuses recherches sur la question.
L’existence d’un tel pouvoir est universellement admise actuellement et considérée
comme la résultante de facteurs à la fois physiques, chimiques et biologiques. Le rôle
indéniable des facteurs biologiques revient, en premier lieu, à la lutte entre les espèces
bactériennes au sein du milieu aquatique.
L’introduction de bacilles coli dans les eaux prélevées aux différents points de l’Océan
mondial provoque en quelques jours la mort de ces bacilles. Et ceci en absence de toute
intervention de rayonnement, de dilution ou de brassage. Le début de disparition de E.
coli coïncide avec l’apparition des vibrions prédateurs appartenant à l’espèce Microvibrio
marinus (Guélin et al. 1982).
Le Microvibrio marinus se rencontre dans toutes les régions du globe. L’étude d’une
souche isolée à partir des eaux subantarctiques est exposée dans cette note.
MATÉRIEL ET MÉTHODE
L’échantillon d’eau a été prélevé en surface dans l’océan Austral, le 27 juin 1983. Température d’eau : 3° 2 C. Position de prélèvement : 48°33’S - 70°50’E.
521
