Les caractères biochimiques des Vibrionaceae pathogènes sont résumés dans le tableau 1.
Il est bon de souligner dès maintenant que la taxonomie ne peut faire la preuve d’un
quelconque pouvoir pathogène de ces germes. Tous les tests décrits n’ont pas fait leur
preuve et nous devons essentiellement avoir recours à l’immunologie pour établir un
diagnostic de Vibrions cholériques pathogènes d’autant plus important qu’il entraîne la
détermination des mesures sanitaires nationales et internationales immédiates.
Les vibrions halotolérants ont pour exemple le vibrion cholérique le plus important. Où
en sommes-nous actuellement ? Selon l’OMS, tout germe vibrioné, mobile, gram négatif,
oxydase +, agglutiné par un sérum OMI est un Vibrion cholérique et doit faire l’objet de
mesures sanitaires. C’est une définition essentielle qui évitera le pire.
Sur le fait de son isolement chez un porteur sain, V. Cholerae El Tor était réputé non
pathogène ; on sait maintenant son rôle déterminant dans la VII e pandémie et le nombre
de morts qu’il a provoqué et provoque chaque jour en Afrique. Après Gallut et Grabar, la
mise en évidence par Finkelstein de la toxine de V. cholerae a amené des progrès sensibles
dans la connaissance de la physiopathologie du choléra et des rapports hôte-vibrions
cholériques. La fixation de la sous-unité B sur le ganglioside de l’hôte, l’activation de
l’adénylcyclase et de l’AMP cyclique par la sous-unité A de la toxine, permettent
d’expliquer la fuite de l’eau et des sels hors des tissus et de l’individu, d’où les différents
symptômes de la maladie. Il semblait donc logique d’attribuer à la présence de la toxine
dans une bactérie le pouvoir pathogène de celle-ci. Cependant, bon nombre de vibrions
cholériques agglutinés par le sérum OM1 ne possèdent pas de toxine et sont isolés de
sujets malades ou morts. La recherche de toxine n’est donc pas suffisante. Une souche
véritablement pathogène doit posséder en outre un facteur d’attachement sur les cellules
intestinales du duodénum. Ce facteur d’attachement est responsable de l’agglutination
OM1. Il a été isolé et il existe de même qu’il existe un sérum antitoxine cholérique
permettant de rechercher l’un et l’autre déterminant sur une souche isolée par une
technique simple mise au point au laboratoire et dérivée du Biken-test. (Dodin, 1983).
Mais, “par pitié”, sur un plan de santé publique, ne portez le diagnostic de Vibrion
cholérique que si celui-ci est agglutiné par un sérum OM1, c’est nécessaire et suffisant.
Il existe bien sûr des Vibrio cholerae non 01 qui possèdent une toxine de type cholérique
et qui sont isolés de malades diarrhéiques, ces vibrions ne possèdent pas de facteurs
d’attachement et en général ne donnent pas lieu à diffusion. Il s’agit d’épidémies très
localisées, familiales le plus souvent. Ce sont les anciens vibrions Nag NVC.
C’est pourquoi, dans l’ignorance où nous sommes du mode d’expression de cette toxine
(plasmides), il est nécessaire de rester prudent dans la détermination du Vibrion cholérique. Chez les vibrions NVC, nous avons trouvé :
9/24 déterminant ST, 8/24 déterminant LT, 7/40 déterminant Tx Ch +
Huchet, dans sa thèse en 1984 (Poitiers), signale deux cas de septicémie à V. non 01.
Deux vibrionacées, non vibrionées, Plesiomonas shigelloides et Aeromonas sont responsables de diarrhées sous les Tropiques et assez fréquemment.
En ce qui concerne Plesiomonas shigelloides, certaines possèdent des déterminants
toxinogènes et également des facteurs d’attachement qui leur sont propres. Il en est de
même pour les Aeromonas et plus particulièrement A. sobria chez qui nous avons pu
mettre en évidence la production d’une toxine de type cholérique. Ceci peut donc
expliquer cela.
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