Les vibrions halophiles. Leur besoin en sel peut varier de 0.1 à 25 % ; pas obligatoirement
d’ailleurs ClNa qui peut être remplacé par ClK dans certaines limites.
Le plus important, le premier décrit comme responsable de diarrhées, type intoxication
alimentaire, est Vibrio parahemolyticus (1,2,3). (Battey et al, 1970, Bockemuhl et al,
1975, Boudon et al, 1973).
Beaucoup de Vibrio parahemolyticus sont isolés sur les Côtes de France et 1 seul cas de
diarrhée dans lequel ce germe est impliqué a été décrit ici même par Boudon, 1973 alors
qu’au Japon, les intoxications alimentaires sont nombreuses. Avec le test Kanagawa,
avec le test de l’hémolyse, on a essayé de déterminer le pouvoir pathogène de ce type de
germes. Iijima et coll. (1981) ont pu montrer que ces tests n’avaient pas de valeur et que
par contre, un rapport certain existait entre les possibilités d’adhérence de Vibrio
parahemolyticus sur des cellules humaines en subcultures et son pouvoir pathogène. Ces
travaux ont été confirmés par Merelle et coll. en 1984.
Nous avons pu mettre en évidence la présence de déterminants toxiques dans les cultures
de Vibrio parahemolyticus. Ces déterminants ne répondent pas à des sérums anti-toxine
cholérique, mais à des sérums anti-toxines S.T. et L.T d’E coli pour certaines souches.
Sur 14 souches, 3 étaient porteuses de déterminants S.T. et 4 de déterminants L.T., toutes
provenant de selles.
Un certain nombre d’autres vibrions halophiles ont fait la preuve d’un pouvoir pathogène
digestif mais aussi pyogène et septicémique.
V. alginolyticus, en dehors d’une action pathogène sur les élevages de puces de mer d’un
de nos collègues qui prépare sa thèse, a été retrouvé dans différentes plaies ou pus d’otites,
dans des brûlures et même dans des hémocultures dans le sang des brûlés (Hansen et al,
1979 ; Merrel et al, 1985).
Vibrio fluvialis (ancien groupe F ou EF6) et V. vulnificus ont été signalés comme
responsables de diarrhées, (Un Vibrio vulnificus isolé en Argentine est agglutiné par le
sérum OMl et possède un facteur d’attachement identique à V. cholerae. C’est donc un
véritable vibrion cholérique). Pour être complet, je dois signaler que les Drs Leblanc
Cuziat (de St-Nazaire) ont isolé sur des cadavres d’individus, morts par submersion, dans
2 hémocultures V. vulnificus et sur 2 pus d’otites chez deux noyés, un Vibrio non 01
(sérotype Jérusalem) et un Vibrio alginolyticus.
MODALITÉS ÉPIDÉMIOLOGIQUES DES VIBRIONACÉES (tab. 2 et 3)
En ce qui concerne les vibrions halotolérants, actuellement, il existe différents foyers d’où
peuvent sortir les vibrions cholériques pour emprunter les voies de déplacement de
l’homme, (en rapport vraisemblablement avec le plancton marin du moins pour le golfe
de Floride). Il existe également des foyers secondaires toujours actifs et apparus au cours
de cette VII
e pandémie, la lagune d’Abidjan, les Grands Lacs de la Rift Valley, les lacs du
Zaire en permanence réensemencés, mais peut-être aussi réservoir définitif comme la
lagune d’Abidjan.
A la notion de température de l’eau apportée par Delattre, est à ajouter la notion de plus
ou moins grande halophilie qui est vérifiée par la lagune d’Abidjan, au moment des
grandes pluies, la salinité de l’eau de mer, en diminuant de manière conséquente, permet
vraisemblablement le développement rapide, soit du vibrion cholérique, soit d’autres
vibrions halophiles et l’apparition de nouveaux cas de choléra ou de diarrhées.
A partir de ces nouveaux cas, le choléra va se transmettre selon deux modalités épidémi502
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