Aeromonas salmonicida est un bacille pathogène obligatoire, capable de survie dans le
milieu : 17 jours en eau douce, 24 jours en eau saumâtre, 30 jours dans les cadavres et les
bassins d’élevage. (Mac Carthy, 1977 b). Expérimentalement à 4°C une survie de 32 mois
dans les sédiments et les végétaux a été démontrée (Dubois-Darnaupreys, 1976).
La furonculose est essentiellement une maladie des salmonidés d’élevage, mais elle a été
également mise en évidence chez les poissons d’eau douce, brochet, carpe.
La maladie peut revêtir différentes formes, dont une forme chronique caractérisée par des
tuméfactions sanguinolentes sur les flancs, appelées improprement furoncles d’où le nom
de la maladie, qui peuvent s’ulcérer et mettre à nu de profondes cavités dans les muscles.
Mais il existe aussi une forme latente pour laquelle on observe ni lésions, ni mortalités.
Les poissons sont infectés latents, jusqu’à 40 à 80 % de la population (Mac Carthy, 1977a).
Cette forme latente est insidieuse car il n’est pas possible d’isoler alors la bactérie. Par
contre, à la suite de stress de tous ordres, comme le passage de smolts porteurs sains en
mer par exemple, la furonculose se déclare au bout de quelques jours.
Problème pathologique majeur en pisciculture d’eau douce, la furonculose reste secondaire en aquaculture marine. Elle nécessite toutefois une grande vigilance dans l’introduction d’animaux sur un site, dans la mesure où la vaccination n’est pas encore très efficace
et que la plupart des souches que nous isolons sont plurirésistantes aux antibiotiques,
notamment au chloramphénicol largement utilisé jusqu’à présent.
Famille des Entérobactéries : Yersinia ruckeri
Parmi les bactéries gram négatif, une nouvelle bactérie pathogène est apparue en France il
y a deux ans. Elle appartient à la famille des entérobactéries. Il s’agit de Yersinia ruckeri,
qui provoque une entérosepticémie hémorragique, la Yersiniose ou maladie de la bouche
rouge.
C’est un bacille gram négatif, mobile entre 18 et 27°C, grâce à des flagelles péritriches. A
l’état frais, il se présente isolé ou en courtes chaînes. Il se cultive bien en 24 h sur de
nombreux milieux dont le TS A, sur lequel il donne des colonies translucides convexes de
1 à 2 mm de diamètre. Il tolère des salinités de 0 à 3 %. Sa température optimale de
croissance se situe entre 20 et 25°C, les extrêmes étant 9°C et 37°C.
Il y a un seul biotype, oxydase -, fermentant le glucose dont le profil biochimique sur Api
20 E se trouve dans le tableau IL
Parmi les souches isolées dans le monde, on a défini trois sérotypes (Busch, 1982) :
Le sérotype I, le plus fréquent, le plus pathogène, a été isolé de cas cliniques. Il ne pousse
pas à 37°C.
Le sérotype II est moins pathogène, il provient de cas asymptomatiques et pousse à 37°C.
Le sérotype III isolé en Australie, et localisé à ce pays, est avirulent.
Les souches isolées en France appartiennent au sérotype I.
Cependant, l’hétérogénéité biochimique et sérologique des souches étudiées jusqu’à présent, laisse présager une modification de ce classement initial en trois sérotypes (Stevenson et Daly 1982).
La Yersiniose entraîne l’apparition de lésions hémorragiques dont la localisation à la tête
et à la bouche est typique, d’où la dénomination de maladie de la bouche rouge.
Localisée pour l’instant aux élevages de truites en eau douce, où son incidence et son
extension géographique très rapide en font l’un des problèmes pathologiques essentiels, la
Yersiniose a été isolée sporadiquement dans un élevage de turbots. Nous avons démontré
au laboratoire le pouvoir pathogène de Yersinia ruckeri pour d’autres espèces de poissons
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milieu : 17 jours en eau douce, 24 jours en eau saumâtre, 30 jours dans les cadavres et les
bassins d’élevage. (Mac Carthy, 1977 b). Expérimentalement à 4°C une survie de 32 mois
dans les sédiments et les végétaux a été démontrée (Dubois-Darnaupreys, 1976).
La furonculose est essentiellement une maladie des salmonidés d’élevage, mais elle a été
également mise en évidence chez les poissons d’eau douce, brochet, carpe.
La maladie peut revêtir différentes formes, dont une forme chronique caractérisée par des
tuméfactions sanguinolentes sur les flancs, appelées improprement furoncles d’où le nom
de la maladie, qui peuvent s’ulcérer et mettre à nu de profondes cavités dans les muscles.
Mais il existe aussi une forme latente pour laquelle on observe ni lésions, ni mortalités.
Les poissons sont infectés latents, jusqu’à 40 à 80 % de la population (Mac Carthy, 1977a).
Cette forme latente est insidieuse car il n’est pas possible d’isoler alors la bactérie. Par
contre, à la suite de stress de tous ordres, comme le passage de smolts porteurs sains en
mer par exemple, la furonculose se déclare au bout de quelques jours.
Problème pathologique majeur en pisciculture d’eau douce, la furonculose reste secondaire en aquaculture marine. Elle nécessite toutefois une grande vigilance dans l’introduction d’animaux sur un site, dans la mesure où la vaccination n’est pas encore très efficace
et que la plupart des souches que nous isolons sont plurirésistantes aux antibiotiques,
notamment au chloramphénicol largement utilisé jusqu’à présent.
Famille des Entérobactéries : Yersinia ruckeri
Parmi les bactéries gram négatif, une nouvelle bactérie pathogène est apparue en France il
y a deux ans. Elle appartient à la famille des entérobactéries. Il s’agit de Yersinia ruckeri,
qui provoque une entérosepticémie hémorragique, la Yersiniose ou maladie de la bouche
rouge.
C’est un bacille gram négatif, mobile entre 18 et 27°C, grâce à des flagelles péritriches. A
l’état frais, il se présente isolé ou en courtes chaînes. Il se cultive bien en 24 h sur de
nombreux milieux dont le TS A, sur lequel il donne des colonies translucides convexes de
1 à 2 mm de diamètre. Il tolère des salinités de 0 à 3 %. Sa température optimale de
croissance se situe entre 20 et 25°C, les extrêmes étant 9°C et 37°C.
Il y a un seul biotype, oxydase -, fermentant le glucose dont le profil biochimique sur Api
20 E se trouve dans le tableau IL
Parmi les souches isolées dans le monde, on a défini trois sérotypes (Busch, 1982) :
Le sérotype I, le plus fréquent, le plus pathogène, a été isolé de cas cliniques. Il ne pousse
pas à 37°C.
Le sérotype II est moins pathogène, il provient de cas asymptomatiques et pousse à 37°C.
Le sérotype III isolé en Australie, et localisé à ce pays, est avirulent.
Les souches isolées en France appartiennent au sérotype I.
Cependant, l’hétérogénéité biochimique et sérologique des souches étudiées jusqu’à présent, laisse présager une modification de ce classement initial en trois sérotypes (Stevenson et Daly 1982).
La Yersiniose entraîne l’apparition de lésions hémorragiques dont la localisation à la tête
et à la bouche est typique, d’où la dénomination de maladie de la bouche rouge.
Localisée pour l’instant aux élevages de truites en eau douce, où son incidence et son
extension géographique très rapide en font l’un des problèmes pathologiques essentiels, la
Yersiniose a été isolée sporadiquement dans un élevage de turbots. Nous avons démontré
au laboratoire le pouvoir pathogène de Yersinia ruckeri pour d’autres espèces de poissons
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