marins d’élevage, le bar, la sole et la daurade, ainsi que pour la truite élevée en mer.
La présence d’un nombre non négligeable de truites porteurs sains à la suite de flambée
épidémique, dont le passage en mer pourrait favoriser l’expression de la maladie, ainsi que
la sensibilité des autres espèces, font de Yersinia ruckeri une bactérie potentiellement
pathogène en aquaculture marine.
Famille des Corynébactéries : Renibacterium salmoninarum
Parmi les Gram positifs, une bactérie est pathogène pour les poissons, une corynébactérie
agent de la corynébactériose ou maladie bactérienne du rein.
C’est un cocobacille, immobile, non capsulé, non sporulé. En culture, et dans les lésions, il
se présente groupé par deux ou plus. On observe parfois des associations bactériennes
ressemblant au groupement en palissade, caractéristique du genre corynebacterium. Il ne
se cultive pas sur milieu usuel. Les deux facteurs limitants de sa culture sont la cystéine et
le sérum. Nous employons le milieu d’Evelyn qui comprend 0,1 % de L. cystéine, et qui est
supplémenté avec 10 % de sérum de veau fœtal (Evelyn, 1978). En milieu gélosé, les
colonies ne sont visibles qu’après 10 à 15 jours d’incubation, qu’après 1 mois si l’inoculum
de départ contient peu de germes. Elles sont petites, leur diamètre est inférieur à 1 mm,
blanchâtre, bombées et légèrement brillantes. En milieu liquide les bactéries précipitent,
elles s’agglutineraient autour de cristaux de cystéine. La température optimum de culture
est de 15°C. Les températures extrêmes sont 5 et 25°C. Il n’y a pas de culture à 37°C.
L’étude de la composition biochimique de l’ADN et de la paroi faite par Sanders et Fryer
(1980), montre que, quoiqu’elles appartiennent au genre corynebacterium, les souches
ichtyopathogènes sont différentes de celles rencontrées au cours des infections humaines
et animales. Vu leur prédilection pour les salmoninés et leur affinité pour le rein, ils ont
proposé la dénomination de Renibacterium salmoninarum.
La corynébactériose est mise en évidence par l’observation de bactéries en grand nombre
sur des frottis ou des calques d’organes de poissons malades colorés au gram.
Les principales modifications lésionnelles qu’elle entraîne sont une hypertrophie du rein
postérieur accompagnée souvent d’ascite abdominale, d’abcès et de fausses membranes
sur les principaux organes internes.
La Corynébactériose n’affecte que les salmonidés. En France, son apparition en 1974 a
suivi de quelques années l’importation d’œufs de saumons coho. Elle existe maintenant à
l’état chronique dans l’ensemble de leurs élevages, mais aussi de façon occasionnelle chez
la truite arc-en-ciel. (Vigneulle, 1981). Son expression en mer n’est que le prolongement de
sa présence en eau douce.
CONCLUSION
La pathologie infectieuse d’origine bactérienne est représentée actuellement en aquaculture par quatre maladies principales :
- Il y a d’une part la Vibriose à Vibrio anguillarum, type 408, presque exclusivement
rencontrée dans les élevages marins où elle réprésente le problème pathologique infectieux majeur.
- Il y a d’autre part la furonculose à Aeromonas salmonicida, la Yersiniose à Yersinia
ruckeri, et la Corynébactériose à Renibacterium salmoninarum, qui proviennent de l’eau
douce, et qui, par l’intermédiaire de transfert en mer d’animaux porteurs, se déclarent
alors sur le site d’élevage. Ces maladies n’ont qu’une incidence secondaire.
La constance biochimique des bactéries spécifiques à l’origine de ces maladies, a permis,
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