certains tests complétée par le profil biochimique obtenu sur galerie API 20 E, permet
l’identification de l’agent causal. L’agglutination avec un sérum spécifique complète cette
identification pour Vibrio anguillarum et Yersinia ruckeri.
LES BACTÉRIES ICHTYOPATHOGENES
Famille des vibrionacés
Vibrio anguillarum :
C’est l’agent responsable de la vibriose. Cette maladie est largement répandue dans le
monde. Elle est commune à de nombreuses espèces de poissons de mer sauvages (hareng,
morue, turbot, sole, lieu), ainsi qu’à des poissons de mer en élevage dont les salmonidés,
parmi lesquels la plupart des saumons et des truites. Essentiellement une maladie des
poissons en mer, elle peut atteindre exceptionnellement les poissons d’eau douce, comme
le brochet ou la truite, à condition qu’ils aient eu un contact soit par l’alimentation soit par
le milieu avec des poissons de mer infectés.
Le vibrio anguillarum est un bâtonnet gram-, légèrement incurvé, mobile grâce à un cil
polaire. C’est un halophile obligatoire : NaCl 0,1 % minimum, 8 % maximum (Evelyn
1971). Il cultive bien sur gélose trypticase soja légèrement salée. Nous utilisons au
laboratoire une gélose à 1,5 % de NaCl. L’existence de caractères variables parmi les
Vibrio anguillarum isolés de poissons malades a conduit à distinguer deux biotypes : le
biotype I et le biotype II (tab. 2). A la température de 22°C, en 24 à 48 h, les souches du
biotype I prennent un aspect circulaire brun jaunâtre opaque, avec une dimension de 3 à
5 mm de diamètre. Par contre, les souches du biotype II sont à peine visibles en 48 h, et
deviennent circulaires, blancs translucides en 4 à 6 jours, avec une taille de 1 à 2 mm de
diamètre (Schiewe, 1981).
Le biotype II comprend des espèces pathogènes atypiques, comme le vibrio 1669 américain, de localisation restreinte (côte ouest des États-Unis et Japon). La dénomination de
Vibrio ordalii a été proposée pour ce biotype, le terme Vibrio anguillarum restant attribué
au biotype I (Schiewe et coll. 1981).
Le biotype I correspond aux vibrios anguillarum très pathogènes (de répartition géographique vaste), auxquels appartient la souche 408 isolée en Prance en 1977 sur des truites
arc-en-ciel malades élevées en mer. Depuis lors, ce vibrio 408 a été responsable de la
totalité des mortalités par vibriose dans les élevages de salmonidés en mer, mais également
d’autres espèces comme le turbot. Nous avons démontré la sensibilité de la sole et du bar
en élevage.
Il présente les caractères communs aux vibrio, oxydase +, métabolisme fermentatif
agazogène, sensibilité au composé vibriostatique 0.129 (2,4 diamino 6,7 di-isopropyl
ptéridine). Le biotype I a en commun par rapport au biotype II l’utilisation du sorbitol et
de l’arabinose. La souche 408 ne se différencie au sein du biotype I de la souche 775
américaine que par la production d’indole.
Il est à noter que parmi les centaines de souches de vibrio isolées au laboratoire sur des
poissons malades (dont les profils biochimiques de quatre d’entre elles se trouvent dans le
tableau 2.), mais en quantité moindre et pas toujours au niveau du rein antérieur, seule
cette souche s’est révélée pathogène. L’inoculation des autres souches à des poissons sains,
n’a pas permis de leur attribuer un rôle pathogène dans les conditions expérimentales.
Le Vibrio anguillarum appartiendrait à la flore normale des poissons élevés ou sauvages,
mais serait également présent dans l’eau de mer ou l’eau saumâtre, permettant ainsi la
transmission. Des études de survie dans différents milieux montre que la résistance est
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