Le milieu DPTS ne s’avère pas uniquement sélectif de C.f. Divers taxons streptomycinorésistants s’y sont développés, masquant partiellement l’excrétion spécifique de C.f.
Cependant, la recherche et l’identification de ce taxon dans les fèces (fig. 4) confirment
son apparition précoce (2 à 4 heures après l’absorption du repas). On observe qu’il
constitue encore un taxon dominant (≈ 8 %) de la flore fécale se développant sur milieu
DPTS, 30 à 33 heures après l’absorption du repas marqué.
Au-delà, sa présence n’est plus détectée. La flore streptomycinorésistante dénombrée est
constituée par d’autres taxons antibiorésistants tels Pseudomonas sp. isolé plusieurs fois.
Cette évolution indique que C.f. ne s’est pas multiplié lors du transit dans les compartiments digestifs des truites. La présence d’un nombre plus élevé d’appendices pyloriques
(famille B), n’entraîne pas l’apparition d’une flore bactérienne fécale plus abondante. Le
transit bactérien paraît simplement un peu plus lent chez les sujets ayant un nombre réduit
de caeca sans qu’on puisse pourtant affirmer le phénomène.
L’excrétion des spores de B.s s’effectue selon un mode voisin. La présence, à des concentrations élevées, de spores de ce genre, 57 heures après l’administration du repas marqué,
est confirmée par les tests de l’oxydase (-) et de la catalase (+). En tout état de cause, les
recherches systématiques de spores de B.s comme de C.f. streptomycinorésistantes dans
l’eau, dans l’aliment non marqué comme dans les fèces des poissons avant les repas, se
sont toujours révélées négatives.
Transit des marqueurs physiques
Le pourcentage de récupération de l’oxyde de chrome dans les fèces après ingestion d’un
repas marqué est en moyenne de 73,0%. Par contre, pour le polyéthylène glycol, la
quantité de marqueur récoltée en 57 heures n’est que de 27,7 % en moyenne (tableau 1).
Temps de rétention moyen
Famille A
Famille B
Cr 2 O 3
16 h
13,9 h
PEG
17,3 h
16,7 h
Famille A : petit nombre de caeca pyloriques
Famille B : grand nombre de caeca pyloriques
Tableau 1 : Temps de rétention moyen (Castel, 1956) des deux marqueurs inertes (Cr 2 O 3 et PEG).
L’excrétion de ces marqueurs et en particulier de l’oxyde de chrome montre un ressaut de
faible importance au cours des 6 premières heures qui suivent l’absorption du RM. Le
rapport des concentrations entre la 2
e et la 4
e heure (ressaut) et la 16
e heure (pic
maximum) est de 40 environ pour le PEG et 15 pour Cr 2 O 3 . Les variations précoces ne
peuvent en aucun cas être confondues avec le bruit de fond des techniques de dosage
(fig. 5).
La sensibilité des techniques ne permet pas dans l’immédiat d’affirmer l’existence d’un
premier pic d’excrétion mais met en évidence la précocité de l’apparition des deux
marqueurs dans les fèces des poissons.
La présence confirmée de ce ressaut indiquerait que les deux marqueurs inertes ont une
courbe d’excrétion similaire à celle des marqueurs bactériens.
L’excrétion des deux marqueurs physiques paraît s’effectuer à la même vitesse dans les
deux familles. La présence d’un nombre élevé d’appendices pyloriques n’entraîne donc
pas un ralentissement du transit de la phase liquide et des particules fines du repas.
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