de l’écosystème littoral étudié, que ce soit dans la zone estuarienne ou dans 1 étage
infralittoral. Le calcul des pourcentages de nitrifiants autotrophes par rapport à la
microflore nitrifiante totale montre, en termes d’effectifs, que les autotrophes sont
vraiment minoritaires (tab. 2). Ils sont inférieurs à 1 % dans le biotope estuarien et de
l’ordre de 5 % dans le sédiment infralittoral. D’autre part, si l’on compare l’abondance des
nitrifiants hétérotrophes à la microflore hétérotrophe totale (tab. I), on s aperçoit que
dans le sédiment estuarien, près de la moitié de la microflore hétérotrophe totale est
capable de nitrifier. Ce biotope, riche en matière organique et faiblement oxygéné, serait
donc particulièrement favorable au développement des nitrifiants hétérotrophes.
Estuaire
Infralittoral
Eau
0,18
1,19
Sédiment
0,30
5,40
Tableau 2 : Importance relative des nitrifiants autotrophes en termes d’effectifs. Les
résultats représentent les pourcentages de nitrifiants autotrophes par rapport à l 'nsemble des organismes nitrifiants.
L’examen du tableau 1 montre également que les bactéries nitrifiantes qu’eles soient
pélagiques ou benthiques, autotrophes ou hétérotrophes, sont toujours plus abondantes
dans la zone estuarienne que dans l’étage infralittoral. Ce tableau met également l’accent
sur la pauvreté de l’eau en organismes nitrifiants, comparativement aux sédiments
sous-jacents. Cette répartition spatiale s’explique de deux façons. D’une part, dans
l’estuaire comparativement à l’infralittoral, de même que dans le sédiment comparativement à l’eau, la quantité de substrat disponible est plus importante que ce soit en matière
organique ou en azote ammoniacal. Et, comme l’ont montré de nombreux auteurs (voir
Niewolak et al., 1978), l’abondance des autotrophes comme des hétérotrophes, est fonction de la quantité de matière organique présente dans le milieu. D’autre part, le besoin
d’adhérence des bactéries nitrifiantes à un substrat solide (Goldberg et Gainey, 1955 ;
Lesel, 1979), explique également que ces organismes sont plus nombreux dans le sédiment
que dans l’eau, de même que dans l’eau estuarienne qui est plus chargée en particules que
l’eau infralittorale.
Activité nitrifiante spécifique
Devant l’abondance des nitrifiants hétérotrophes dans l’écosystème littoral étudié, nous
avons voulu voir l’importance des deux types de nitrification en termes d’activité. Pour ce
faire, nous avons isolé dans chacun des deux biotopes benthiques (estuaire et infralittoral), une souche autotrophe et une souche hétérotrophe. Les isolements sont faits à partir
de cultures d’enrichissement (autotrophes et hétérotrophes) d’échantillons de vase ou de
sable. Quand les cultures d’enrichissement sont positives (production de nitrite), les
souches autotrophes sont purifiées par la méthode des dilutions de Lewis et Pramer
( 1958). Par cette technique, nous avons pu isoler une souche nitrosante de chaque type de
sédiment. Pour ce qui concerne les souches hétérotrophes, on utilise la méthode classique
de purification des bactéries hétérotrophes, en étalant un aliquot de culture active sur un
milieu gélosé de même composition que le milieu utilisé pour les cultures d’enrichissement. Chaque colonie est ensuite mise en culture dans 1 ml de milieu pour nitrifiants
hétérotrophes et sa capacité à nitrifier est testée après quelques jours d’incubation. Nous
avons pu ainsi isoler 100 souches nitrifiantes hétérotrophes parmi lesquelles nous avons
choisi une, originaire de chacun des deux biotopes étudiés. La composition des milieux de
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