2.4. Phytoplancton
Choix des paramètres
Le phytoplancton est constitué par l'ensemble des organismes végétaux (algues microscopiques) qui flottent
dans les eaux . Les espèces phytoplanctoniques synthétisent de la matière organ ique à partir d'éléments
minéraux par le mécanisme de la photosynthèse. En servant de nourriture aux organismes animaux ne
pouvant effectuer cette synthèse, le phytoplancton est un élément fondamental de la chaîne alimentaire. Les
populations phytoplanctoniques sont sujettes à des variations importantes, géographiques et saisonnières,
aussi bien dans leur composition que dans leur abondance. Des proliférations importantes de certaines
espèces, appartenant en particulier aux deux groupes principau x des diatomées et des dinoflagellés, se
produisent régulièrement, notamment au printemps ; ces "blooms" n'ont généralement pas de conséquence,
car les espèces dominantes sont dans la plupart des cas anodi nes.
Cependant, certaines espèces phytoplanctoniques produisent des toxines appelées phycotoxines, conduisant
ainsi à des effets néfastes. En France, deux types de toxines sont liés à la présence d'espèces
phytoplanctoniques. Les toxines DSP (Diarrheic Shellfi sh Poison) so nt produites par quelq ues espèces d'un
dinoflagellé du genre Dinophysis, et sont constituées d'un ensemble de toxines, dont l'acide okadaïque. Ces
toxines, en s'accumulant dans les coquillages, en particulier les moules, peuvent provoquer une intoxication
dont les effets apparaissent moins de douze heures après la consommation des coquillages contaminés. Les
principaux symptômes en sont diarrh ées, douleurs abdominales, parfois nausées et vomissements. Les
toxines PSP (Paralytic Shellfish Poison) sont produites par un dinoflagellé du genre .Alexandrium minutum et
sont constituées d'un ensemble de toxines dont la saxitox ine et les gonyautoxines. Ces toxines, en
s'accumulant dans les coquillages, particulièrement les moules et les coquilles St Jacques, peuvent provoquer
une intoxication dont les effets apparaissent en moins de 30 minutes. La toxicité est due à l'inhibition de la
transmission de l'influ x nerveux. Les symptômes en sont fourmillement des extrémités, vertiges et nausées en
cas d'intoxication faible, paralysie et troubles respiratoires pouvant conduire à la mort en cas d'intoxication forte.
Les différents paramètres analysés dans le cadre du REPHY correspondent au double objectif de suivi de
l'environnement et de protection de la santé humaine : d'une part la détermination de l'ensemble des espèces
phytoplanctoniques permet d'observer les changements éventuels dans les populations, et, à long terme, les
modifications de l'écosystème côtier ; d'autre part la mesure du niveau de toxicité dans les coquillages, faisant
suite à l'observation dans l'eau d'espèces toxiques, permet de garantir la consommabilit é des coquillages. En
effet, un test de toxicité positif implique qu'il existe un risque pou r la santé, et que les coquillages ne doive nt
pas être consommés.
Méthodes de prélèvement et d'analyse
Les prélèvements d'eau (1 ou 2 1 ), pour détermination et dénombrement des espèces phytoplanctoniques,
sont effectués à 1 m sous la surface, ou à différentes profo ndeurs dans la colonne d'eau. Les observations
sont faites sur des échantillons vivants ou fixés (lugol + formo l) qu i sont examinés au microscope inversé, sur
cuve de 1 O ou 25 ml , selon la méthode d'Uterméihl (UTERMÔHL, 1958).
La mesure du niveau de toxicité DSP est réalisée avec un test-souris, effectué sur un extrait de glandes
digestives de coquillages, selon une méthode adaptée de Yasumoto (YASUMOTO et al, 1978) par MarcaillouLe Saut (MARCAILLO U-LE BAUT et al, 1985). Les glandes digestives (environ 30 g) sont broyées avec de
l'acétone. Après évaporation de l'acétone, le résidu est repris dans du Tween 60. Cet extrait est injecté par
voie intrapéritonéale à trois souris, à raison de 1 ml par souris. Les souris sont observées pendant 24 heures.
Les résultats sont exprimés en temps de survie moyen s ur les 3 souris.
La mesure du niveau de toxicité PSP est réalisée avec un test-souris, effectué sur la chair entière des
coquillages, selon la méthode AOAC (AOAC, 1984) . . La chair (environ 1 OO g) est broyée dans l'acide
chlorhydriqu e dilué. Après c hauffage, le mélange est centrifugé. Le surnageant est inject é par voie
intrapéritonéale à 3 souris, à raison de 1 ml par souris . Les souris sont observées pendant 1 heure. Le temps
de survie moyen sur les trois souris est transformé, par une formule de conversion, en un résultat exprimé en
µg de PSP (ou équivalent-saxitoxi ne) par 1 OO g de chair.
Le test-souris PSP est normalisé au niveau international. Par contre, aucune méthode DSP n'ayant fait, à l'heure
actu elle, l'unanimité au niveau international, le test employé en France n'est pas normalisé. Il a été choisi pour
sa facilité de mise en oeuvre et sa rapidité de réponse, mais il sera remplacé à terme par d'autres méthodes.
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