Introduction
Sur l’estuaire de l’Adour, comme sur l’ensemble des estuaires européens, on
constate une diminution des prises de civelles (Dekker, 1997). Les captures
de la pêcherie professionnelle de l’Adour ne prélèvent que les civelles migrant en surface. Or, il ressort de l’analyse des séries de données que les déplacements des individus vers la surface sont fortement dépendants des
conditions emrironnementales (Bru et al., 1996 ; de Casamajor et al., 1996).
Les captures par unité d’effort (captures moyennes par sortie) calculées à
partir des carnets de pêche depuis le début des années quatre-vingt ne reflètent qu’une partie de la variabilité de l’abondance des remontées de civelles. Pour évaluer l’intensité des phénomènes migratoires, des échantillonnages sont réalisés en surface et en profondeur à l’aide de moyens
expérimentaux adaptés (de Casamajor, 1998).
Le comportement lucifuge des civelles est connu ; cependant, l’effet lunaire est assimilé aux variations de l’amplitude des marées au cours d’un
cycle de 28 jours (Ciantrelle, 1981) et la luminosité induite par la lune est le
plus souvent négligée. De même, la turbidité n’est pas prise en compte
alors qu’elle conditionne la pénétration de la lumière dans la colonne
d’eau. Les conditions hydrodynamiques sont prises en compte pour caractériser les déplacements des flux de civelles. Pour compléter ces informations, les caractéristiques biologiques des individus sont examinées.
Les civelles diminuent en taille et en poids et se pigmentent au cours de
la saison (Boètius & Boëtius, 1989 ; McCleave, 1980). La dissociation
des flux de civelles entrant en estuaire devrait être possible à partir des
variations des caractéristiques biométriques. Ce travail est inclus dans
un cadre plus général d’estimarion quantitative des flux en migration
dans l’estuaire de l’Adour à partir d’une meilleure compréhension des
phénomènes migratoires.
Matériel et méthodes
Cadre géographique
L’estuaire de l’Adour est situé dans le sud-ouest de la France (43°30’ N,
1°32’W) (fig. 1). L’influence des milieux naturels sur son hydrologie est
très forte. L’océan Atlantique et la chaîne des Pyrénées provoquent une
augmentation des précipitations du nord au sud et d’ouest en est. Ces apports d’eau douce permettent à l’Adour de garder un débit moyen soutenu toute l’année (> à 300 m 3 .s -1 ). Les cinq stations prospectées au cours
des pêches expérimentales se situent entre 10 et 22 km de la limtte transversale de )a mer (fig. 1).
Protocole de prélèvement des individus dans l’estuaire
Deux saisons de migration ont été étudiées : 1996-1997 et 1997-1998. Le
rythme des sorties est de deux par semaine, la nuit, au moment de la renverse des courants de marée et pendant le flot. Nous progressons en bateau de l’aval vers l’amont en réalisant trois traits de tamis de cinq minutes
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Sur l’estuaire de l’Adour, comme sur l’ensemble des estuaires européens, on
constate une diminution des prises de civelles (Dekker, 1997). Les captures
de la pêcherie professionnelle de l’Adour ne prélèvent que les civelles migrant en surface. Or, il ressort de l’analyse des séries de données que les déplacements des individus vers la surface sont fortement dépendants des
conditions emrironnementales (Bru et al., 1996 ; de Casamajor et al., 1996).
Les captures par unité d’effort (captures moyennes par sortie) calculées à
partir des carnets de pêche depuis le début des années quatre-vingt ne reflètent qu’une partie de la variabilité de l’abondance des remontées de civelles. Pour évaluer l’intensité des phénomènes migratoires, des échantillonnages sont réalisés en surface et en profondeur à l’aide de moyens
expérimentaux adaptés (de Casamajor, 1998).
Le comportement lucifuge des civelles est connu ; cependant, l’effet lunaire est assimilé aux variations de l’amplitude des marées au cours d’un
cycle de 28 jours (Ciantrelle, 1981) et la luminosité induite par la lune est le
plus souvent négligée. De même, la turbidité n’est pas prise en compte
alors qu’elle conditionne la pénétration de la lumière dans la colonne
d’eau. Les conditions hydrodynamiques sont prises en compte pour caractériser les déplacements des flux de civelles. Pour compléter ces informations, les caractéristiques biologiques des individus sont examinées.
Les civelles diminuent en taille et en poids et se pigmentent au cours de
la saison (Boètius & Boëtius, 1989 ; McCleave, 1980). La dissociation
des flux de civelles entrant en estuaire devrait être possible à partir des
variations des caractéristiques biométriques. Ce travail est inclus dans
un cadre plus général d’estimarion quantitative des flux en migration
dans l’estuaire de l’Adour à partir d’une meilleure compréhension des
phénomènes migratoires.
Matériel et méthodes
Cadre géographique
L’estuaire de l’Adour est situé dans le sud-ouest de la France (43°30’ N,
1°32’W) (fig. 1). L’influence des milieux naturels sur son hydrologie est
très forte. L’océan Atlantique et la chaîne des Pyrénées provoquent une
augmentation des précipitations du nord au sud et d’ouest en est. Ces apports d’eau douce permettent à l’Adour de garder un débit moyen soutenu toute l’année (> à 300 m 3 .s -1 ). Les cinq stations prospectées au cours
des pêches expérimentales se situent entre 10 et 22 km de la limtte transversale de )a mer (fig. 1).
Protocole de prélèvement des individus dans l’estuaire
Deux saisons de migration ont été étudiées : 1996-1997 et 1997-1998. Le
rythme des sorties est de deux par semaine, la nuit, au moment de la renverse des courants de marée et pendant le flot. Nous progressons en bateau de l’aval vers l’amont en réalisant trois traits de tamis de cinq minutes
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