Le sédiment de la carotte L 9909 est totalement différent de celui des
autres. Il est le témoin d’un niveau d’énergie élevé qui a permis un
comblement très rapitle et précoce du site par des sédiments grossiers
dépourvus de faune, mettant cette partie du marais hors d’atteinte des
dépôts ultérieurs.
Li carotte L 9817, malgré sa position géographique proche du cordon
littoral, apparaît comme la moins soumise aux influences marines
avec une séquence sédimentaire relativement homogène comprenant
presque uniquement des argiles. Très tôt dans la carotte, à 2,90 m
(3 080 ± 40 ans BP ; AMS sur lamelli-branches), se développent des faunes
majoritairement d’eau saumâtre avec quelques rares individus marins,
seuls témoins ici d’une entrée d’eau marine. Rapidement, dans les argiles,
la faune devient dulçaquicole (1,60 m : 2 710 ± 40 ans BP ; AMS sur ostracodes). In faune disparaît avec l’installation de tourbes à partir de 1,10 m
(2 070 ± 70 ans BP). Cette évolution est à relier à une situation isolée du
site dans le marais, proche du cordon, mais à l’écart de dépôts distribués
par le chenal. Les âges mesurés indiquent un dépôt nettement plus récent que ceux à faune saumâtre ou marine relevés sur les autres sites.
La carotte L 9906 ne présente pas de dépôt de tourbes. IÆS épisodes de
développement de la faune sont également comparables à ceux observés
dans la carotte H 9602, excepté au sommet où la présence d’une faune
saumâtre peut s’expliquer par une ouverture du cordon littoral laissant
pénétrer les eaux marines qui n’arrivent qu’en très faible quantité au
fond du marais sur ce site qui, rappelons-le, est le plus éloigné de la côte.
Une datation au
14 C effectuée à 97cm (AMS sur lamellibranches) a
donné un âge de 3 170 ± 40 ans BP.
La carotte L 9910 montre des sédiments déposés dans des conditions de faible énergie. La faune n’apparaît qu’à la base de la tourbe et correspond à des
milieux d’eau douce sans aucune arrivée d’eau marine (pas de faune
saumâtre ni de foraminifères, mais des mollusques d’eau douce). In tourbe
sus-jacente est azoïque et perforée à son sommet par des mollusques actuels.
Discussion
Afin de mieux comprendre les reladons des sites entre eux, nous avons
regroupé les huit carottes selon deux coupes, l’une S-N (coupe A, figure 2 :
L9910, L9817, H 9602, L9818, L9906), l’autre, NW-K (coupe B, figure 3 :
L 9908, H 9603, H 9602, L 9909).
La coupe A permet de mettre en évidence deux niveaux de tourbes. Le
premier apparaît entre 5 000 et 3 500 ans BP. Ces dates sont voisines de
celles obtenues par Gabet (1973). Elles correspondent à la même période
de formation d’une tourbière continentale qui s’est développée dans la
partie ouest du marais.
L’autre niveau de tourbes se met en place après 2 100 ans BP. II n’apparaît
que sur le site de L 9817 et témoigne d’une période plus récente d’isolement
du marais. Ce site est placé sur un point haut du substrat et montre le
comblement d’un chcnal creusé à travers des formations plus anciennes.
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