CoastGIS’99: geomatics and coastal environment
La définition des objets
Prenons l’exemple du trait de côte. Sa définition suppose une clarification avant même de parler d evolution ou de limite de responsabilité.
Pour le géographe terrestre, il peut s’agir de l’altitude zéro au-dessus du
niveau moyen des mers. Par construction, l’origine du réseau français du
nivellement général cle la France (NGF) est le niveau moyen observé à
Marseille, anse Colvo, promenade de la Corniche. Notons déjà que, entre
la première détermination du réseau de nivellement à partir de 1860 par
Bourdalouë et celle de Lallemand, une différence de sept centimètres est
observée, qui ne correspond aucunement à une quelconque variation du
niveau de la mer est observée.
Ce réseau est ensuite extrapolé par mesures de nivellement de proche
en proche, recalées sur les observations marégraphiques au voisinage de
la mer. Le résultat de cette extrapolation est fonction des moyens et des
méthodes mis en œuvre et, entre Bourdalouë et Lallemand, on observe
des écarts de 60 cm en Bretagne.
Pour l'hydrographe, il s’agit normalement du niveau des plus basses mers,
niveau qui varie géographiquement avec l’amplitude de la marée. La
référence pour le trait de côte, défini cette fois comme la profondeur
zéro ( Wöppelman et al., 1 999) et donc pour toute la bathymétrie, n’est
pas constante par rapport à la référence du géographe terrestre et donc
aux altitudes.
Pour des raisons pratiques, ce référentiel marin n'est pas défini continûment
mais pour des zones dont le nombre a été arrêté pragmatiquement afin
de minimiser les discontinuités entre zones adjacentes et les variations
d’écart avec la référence des altitudes.
En outre, le souci premier d’un service hydrographique est la sécurité
de la navigation. Le zéro hydrographique est donc conventionnellement choisi un peu au-dessous des plus basses mers astronomiques afin
que le navigateur dispose en permanence d’au moins la quantité d’eau
indiquée sur les cartes marines. Ce « un peu au-dessous » est laissé à
l appréciation de l’ingémeur hydrographe et il peut aller en France
jusqu’à 60 centimètres. On peut noter que le « un peu au-dessous » est
généralement nul en Grande-Bretagne et qu’il se traduit pour l’accès à
Europort en Hollande par 50 cm au-dessus...
On peut bien sûr établir un lien quantifié entre zéro hydrographique
et zéro géographique et la figure 1 illustre quelques-unes des mesures
qui sont nécessaires pour ce raccordement.
Les cartes géographiques montrent une limite qui est aussi qualifiée de
trait de côte. Elle représente la limite de végétation ou le bord d’une
falaise et est donc qualitative. Proche de cette limite, une notion souvent confondue à tort avec le trait de côte est la limite du domaine
public maritime. En France, elle est bornée depuis Colbert (ordonnance de 1 681) par « les limites atteintes par le plus grand flot de l'année ». Pour la déterminer physiquement, on utilise une « armée » de
piétons qui marquent les zones inondées lors des marées astronomiques
les plus proches du coefficient 120 (cas typique lors de la vive-eau
12
Précédent

- 26/334

Suivant