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Eft1orescences toxiques des eaux côtières françaises : écologie, écophysiologie, toxicologie
Des bioessais réalisés sur des eaux côtières (moulières du golfe de Fos) à différentes saisons ont
montré que les teneurs en vitamines B12 et thiamine semblent souvent limitantes pour le développement de P. minimum ; en revanche l' azote
et le phosphore dans ces eaux ne sont limitants
qu'après une floraison de diatomées et au cours
de l'été, les métaux sont rarement influents.
1 ntroduction
Le petit dinoflagellé à forme lenticulaire, Prorocentrum minimum, présente une large distribution géographique dans des zones au régime cl imatique varié. Cependant, les efflorescences
d' une ampleur exceptionnelle ont presque toujours été observées dans les océans tempérés mais
aussi subtropicaux de l' hémisphère Nord.
Dans une revue quasi exhaustive de 1991 , Berland et Grzebyk ont analysé différents aspects en
matière de taxonomie, biochimie, physiologie,
écologie et toxicité de P. minimum. Il apparaît,
en général, que les efflorescences de cet organisme se produisent dans des zones recevant des
ea ux douces continentales (deltas, estuaires,
lagunes, fjords) et/ou des apports anthropiques
(proximité de villes côtières ou de ports) riches en
éléments nutritifs et matières organiques dissoutes. L' apparition de plus en plus fréquente d'efflorescences exceptionnelles de cette espèce a été
soulignée par Smayda (1990), notamment en mer
Baltique et mer Noire, accompagnées le plus souvent d'épisodes anoxiques.
La toxicité de P. minimum restait un caractère
douteux. Des intoxications de type VSP (Venerupin Shellfish Poisoning) ont été signalées au Japon
en 1942. Les malades souffraient d' hémorragies,
et présentaient des symptômes nerveux et hépatiques ; 114 décès ont été recensés. Cette intoxication fut attribuée ultérieurement à P. minimum
var. mariae-lebouriae (Nakazima 1965 a, b, c ;
1968). Deux composés toxiques ont été détectés
par Okaichi et Himatomi (1979) chez un c lone
cultivé de cette variété. Si lva et Sousa en 1981,
ont également trouvé de la toxicité, de type PSP
cette fois, dans des extraits de P. minimum et de
biva lves (tests souris). Depuis, les références à
des épisodes toxiques concernant P. minimum
sont devenues rares, les proliférations exceptionnelles étant le plus souvent inoffensives. Récemment cependant, le long du littoral du Languedoc,
une toxic ité de type PSP a été observée dans des
moules en présence d' une efflorescence de P.
minimum et P. micans (communication REPHY,
C. Belin). Mais cette relation ne constitue pas une
preuve suffisante de la toxicité de P. minimum. Au
vu de données divergentes, la toxicité de cette
espèce devait donc être remise en question.
Prorocentrum minimum est une espèce dont la
distribution et la dynamique de cro issance ont
été relati vement bien étudiées, notamment en
fonction des facteurs physiques du milieu (Tyler et
Seliger, 1978, 1981 ). P. minimum a égalemen t fait
l' objet de nombreuses études in vitro. Ces travaux s' intéressaient principalement à la biochimie
et l'écophysiologie de cet organisme et plus particulièrement aux diverses formes d' adaptation en
réponse à différentes qualités spectrales et intensités d'éclairement (Vogel et Sager, 1985 ; Coats
et Harding, 1988; Hard ing, 1988 ; Harding et
Coats, 1988).
Par contre, il n' existe que peu de données sur les
capacités nutritionnelles de ce dinoflagellé, auxotrophie ou photohétérotrophie par exemple. Il
n' existe pas même de données sur les cinétiques
de croissance et d' assimilation de composés inorganiques azotés. Tyler et Sel iger (1981 ) rapportent
qu'en fin d' été lorsque les concentrations en sels
nutritifs dans les eaux fortement stratifiées de la
baie de Chesapeake (USA) sont très faibl es en
surface, les efflorescences de P. minimum persistent souvent. Ceci peut s'expliquer par un schéma
comportemental de migration vertica le et/ou différentes formes d' adaptations nutritionnelles que
P. minimum est capable de développer. Aussi a-til été décidé dans le cadre du PNEAT d' entreprendre des recherc hes sur les capacités photohétérotrophiques potentielles (Grzebyk, 1993)
ainsi que sur l'assimilation d'azote et les processus de croissance de ce dinoflagellé quand il est
soumis à des apports discontinus de nitrates
(Sciandra, 1991 b).
Peu de choses éga lement sont connues sur le
cycle biologique de P. minimum. Aucune figure
de sexualité n'a été observée en culture, seule la
reproduction asexuée a été décrite par Parke and
Ballantine (1957) ; aucune forme de résistance
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