Prorocentrum minÎmum
PROROCfNTRUM MINIMUM (PAVILLARD) SCHILLER
Daniel Grzebyk (1), Brigitte Berland (1), Antoine Sciandra (2)
(1) CN RS, Centre d'Océanologie de Marseille, Station Marine d'Endoume,
Rue de la Batterie des lions, 13007 Marseille, France
(2) CNRS, Station Zoologique, 06230 Villefranche-sur-Mer, France
Résumé
Prorocentrum minimum, petit dinoflagellé formant des eaux rouges, est commun le long des
côtes françaises, notamment dans les eaux saumâtres et côtières du littoral méditerranéen . Les
connaissances récentes acquises par la commu·
nauté scientifique française concernant le cycle
biologique, la toxicité et certaines caractéristiques
écophysiologiques sont résumées dans ce travail.
La toxicité et les conditions de sa genèse ont été
recherchées chez douze clones d'origine géographique diverse. Seules quatre souches fraîchement isolées d'eaux méditerranéennes (étang de
Berre, moulières au large de Sète) se sont avérées
toxiques. La ou les toxine (s) de nature hydrosoluble, s'exprime(nt) par une action rapide tuant les
souris en quelques minutes . La production de
toxines a lieu pendant la phase de sénescence des
cultu res tand is qu ' elle est quasiment nulle au
cours de la phase de croissance. Un clone rendu
axénique est resté potentiellement toxique mais la
présence de bactéries dans la culture a stimulé la
production de toxines.
Le cycle vital de cette espèce a été peu étudié.
Pour cette rai son, des observations, afin de
rechercher des formes de résistance, ont été effectuées à la fois sur des populations naturelles mais
surtout sur des cultures soumises à des perturbations variées (chocs de température, variations de
l'éclairement, ca rence nutritive). De petites (81 0 ~m) structures sphériques ont été observées
essentiellement après un choc de températu re. De
par leur structure apparente, par les conditions
de leur enkystement/désenkystement, ces formes
s'apparentent à des kystes temporaires.
Une étude expérimentale sur un clone méditerranéen a permis de montrer des caractéristiques eurythermes et euryhalines poussées chez P. minimum
ainsi qu' une grand e adaptabilité à des variations
d' intensité lumineuse. Ce dinoflagellé est égaIement auxotrophe nécessitant pour sa croissance
de la vitamine B12 mais surtout de la thiamine; il
présente éga lement une capacité potentielle de
photohétéroph ie azotée relativement élevée.
Capab le de se développer à des taux de croissance non négligeables à de faibles niveaux de
sal inité, de température et de lumière, P. minimum
détient donc un avantage compétitif dans des
milieux côtiers recevant des apports telluriques et
fluviaux.
Un travail expérimental a été mené en cultu re
contin ue dans le but d'étudier les processus
d' adaptation cellulaire (croissance et taux d' absorption des nitrates) à des apports discontinus
d'azote. Il a été montré que P. minimum est
capable de maintenir un taux de croissance
constant quand les apports sont effectués tous les
un ou deux jours. Quand la fréquence des apports
est plu s fa ibl e (trois jours), bien que la vi tesse
max ima le d' absorption soi t consi dérabl ement
accrue, ceci n' est pas suffisant pour maintenir le
taux de croissance initial. Ainsi pour de faibles fréquences d' apports en nitrates, l'absorption et la
croi ssance deviennent forte ment découplées . À
partir des résultats obtenus il a été conclu que P.
minimum est une espèce capable d'accumuler
de larges réserves nutritives, ce qui présente un
avantage écologique certain.
Mots-clés: Prorocentrum minimum, toxici té, cycle biologique, écophysiologie, auxotrophie, nutrilion azolée, facteurs lim itants.
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PROROCfNTRUM MINIMUM (PAVILLARD) SCHILLER
Daniel Grzebyk (1), Brigitte Berland (1), Antoine Sciandra (2)
(1) CN RS, Centre d'Océanologie de Marseille, Station Marine d'Endoume,
Rue de la Batterie des lions, 13007 Marseille, France
(2) CNRS, Station Zoologique, 06230 Villefranche-sur-Mer, France
Résumé
Prorocentrum minimum, petit dinoflagellé formant des eaux rouges, est commun le long des
côtes françaises, notamment dans les eaux saumâtres et côtières du littoral méditerranéen . Les
connaissances récentes acquises par la commu·
nauté scientifique française concernant le cycle
biologique, la toxicité et certaines caractéristiques
écophysiologiques sont résumées dans ce travail.
La toxicité et les conditions de sa genèse ont été
recherchées chez douze clones d'origine géographique diverse. Seules quatre souches fraîchement isolées d'eaux méditerranéennes (étang de
Berre, moulières au large de Sète) se sont avérées
toxiques. La ou les toxine (s) de nature hydrosoluble, s'exprime(nt) par une action rapide tuant les
souris en quelques minutes . La production de
toxines a lieu pendant la phase de sénescence des
cultu res tand is qu ' elle est quasiment nulle au
cours de la phase de croissance. Un clone rendu
axénique est resté potentiellement toxique mais la
présence de bactéries dans la culture a stimulé la
production de toxines.
Le cycle vital de cette espèce a été peu étudié.
Pour cette rai son, des observations, afin de
rechercher des formes de résistance, ont été effectuées à la fois sur des populations naturelles mais
surtout sur des cultures soumises à des perturbations variées (chocs de température, variations de
l'éclairement, ca rence nutritive). De petites (81 0 ~m) structures sphériques ont été observées
essentiellement après un choc de températu re. De
par leur structure apparente, par les conditions
de leur enkystement/désenkystement, ces formes
s'apparentent à des kystes temporaires.
Une étude expérimentale sur un clone méditerranéen a permis de montrer des caractéristiques eurythermes et euryhalines poussées chez P. minimum
ainsi qu' une grand e adaptabilité à des variations
d' intensité lumineuse. Ce dinoflagellé est égaIement auxotrophe nécessitant pour sa croissance
de la vitamine B12 mais surtout de la thiamine; il
présente éga lement une capacité potentielle de
photohétéroph ie azotée relativement élevée.
Capab le de se développer à des taux de croissance non négligeables à de faibles niveaux de
sal inité, de température et de lumière, P. minimum
détient donc un avantage compétitif dans des
milieux côtiers recevant des apports telluriques et
fluviaux.
Un travail expérimental a été mené en cultu re
contin ue dans le but d'étudier les processus
d' adaptation cellulaire (croissance et taux d' absorption des nitrates) à des apports discontinus
d'azote. Il a été montré que P. minimum est
capable de maintenir un taux de croissance
constant quand les apports sont effectués tous les
un ou deux jours. Quand la fréquence des apports
est plu s fa ibl e (trois jours), bien que la vi tesse
max ima le d' absorption soi t consi dérabl ement
accrue, ceci n' est pas suffisant pour maintenir le
taux de croissance initial. Ainsi pour de faibles fréquences d' apports en nitrates, l'absorption et la
croi ssance deviennent forte ment découplées . À
partir des résultats obtenus il a été conclu que P.
minimum est une espèce capable d'accumuler
de larges réserves nutritives, ce qui présente un
avantage écologique certain.
Mots-clés: Prorocentrum minimum, toxici té, cycle biologique, écophysiologie, auxotrophie, nutrilion azolée, facteurs lim itants.
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